Créations d'entreprises : un record en septembre 2026, porté par les entreprises individuelles | Barry Louison Audit

Créations d'entreprises : un record en septembre 2026, porté par les entreprises individuelles

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L'INSEE publie, dans ses Informations rapides n° 249 du 16 octobre 2026, les statistiques de créations d'entreprises pour le mois de septembre. Avec 119 300 immatriculations, la France atteint son plus haut niveau depuis le début de la série statistique en 2000. Ce record mensuel est porté par les entreprises individuelles classiques, en hausse de 11,6 %, alors que les micro-entrepreneurs marquent une pause après leur bond d'août.

Les chiffres de septembre 2026

119 300 créations : un sommet historique

Le nombre de créations d'entreprises en France métropolitaine s'établit à 119 300 en septembre 2026, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Ce volume constitue le plus haut niveau jamais enregistré depuis que l'INSEE produit cette série statistique, débutée en janvier 2000. Il dépasse les précédents pics observés durant la période de rattrapage post-Covid et confirme la vitalité de l'entrepreneuriat français.

La progression mensuelle atteint +1,1 % par rapport à août 2026, un mois déjà dynamique qui avait enregistré une hausse de 7,2 %. Le rythme de croissance ralentit donc, mais sur une base particulièrement élevée. Deux mois consécutifs de forte hausse portent le cumul des créations sur le troisième trimestre 2026 à des niveaux sans précédent.

Chiffres clés de septembre 2026

  • 119 300 créations (données CVS-CJO)
  • +1,1 % sur un mois (après +7,2 % en août)
  • Record historique depuis le début de la série en 2000
  • +45 500 créations sur un an (juillet-septembre), soit +16,0 %

Une composition atypique du mois

Le record de septembre 2026 présente une particularité : il n'est pas tiré par les micro-entrepreneurs, qui représentent pourtant environ deux tiers des créations sur l'ensemble de l'année. Le régime micro-entrepreneur recule de 1,6 % en septembre, après une envolée de 8,1 % en août. Cette pause traduit un effet de normalisation après un mois d'août exceptionnellement dynamique.

Les entreprises individuelles classiques, à l'inverse, accélèrent avec une progression de 11,6 %, après déjà +10,5 % en août. Ce sont elles qui portent le record mensuel. Les créations de sociétés progressent également de 5,0 %, confirmant leur trajectoire ascendante amorcée au printemps (+3,5 % en août).

Catégorie juridique Évolution septembre 2026 Évolution août 2026
Entreprises individuelles classiques +11,6 % +10,5 %
Sociétés +5,0 % +3,5 %
Micro-entrepreneurs −1,6 % +8,1 %
Ensemble +1,1 % +7,2 %

Tendances sur le trimestre juillet-septembre

+16 % sur un an

L'analyse sur trois mois glissants permet de lisser les variations mensuelles et de dégager les tendances de fond. Sur la période juillet-septembre 2026, le nombre de créations d'entreprises dépasse de 45 500 celui de la même période de 2025, soit une progression de 16,0 % sur un an. Toutes les catégories juridiques participent à cette hausse, mais dans des proportions différentes.

Les entreprises individuelles classiques enregistrent la plus forte croissance annuelle, avec +23,2 % sur trois mois. Les immatriculations sous le régime micro-entrepreneur progressent de 18,6 %, confirmant que le recul de septembre ne remet pas en cause la dynamique annuelle. Les créations de sociétés augmentent de 6,2 %, un rythme plus modéré mais qui témoigne d'un regain d'intérêt pour les formes sociétaires.

Interprétation des mouvements

La forte progression des entreprises individuelles classiques peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Certains créateurs, anticipant d'éventuelles évolutions réglementaires du régime micro-entrepreneur, optent d'emblée pour le régime réel simplifié ou le régime réel normal. D'autres dépassent les seuils de chiffre d'affaires du micro et basculent vers l'entreprise individuelle classique.

Le contexte économique joue également. La reprise de l'activité dans plusieurs secteurs, notamment les services aux entreprises et la construction, incite des porteurs de projets à créer leur structure. La stabilisation des taux d'intérêt et la disponibilité de financements bancaires pour les TPE favorisent les créations plus capitalisées, qui prennent souvent la forme de sociétés.

Données CVS-CJO : de quoi parle-t-on ?

La correction des variations saisonnières

Les chiffres publiés par l'INSEE sont exprimés en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Cette correction statistique permet de neutraliser les effets de calendrier et les fluctuations récurrentes liées aux périodes de l'année. Sans cette correction, les comparaisons d'un mois à l'autre ou d'une année à l'autre seraient biaisées par des phénomènes non économiques.

Les créations d'entreprises présentent une saisonnalité marquée. Les mois de janvier et de septembre, correspondant au démarrage de l'année civile et à la rentrée, enregistrent traditionnellement des volumes plus élevés. Les mois d'été, à l'inverse, sont plus creux en raison des congés. La correction CVS-CJO permet de comparer septembre 2026 à août 2026 ou à septembre 2025 sur une base économiquement homogène.

Données brutes et données corrigées

Les données brutes, disponibles dans les annexes de la publication INSEE, présentent le nombre effectif d'immatriculations enregistrées. Elles sont utiles pour connaître le volume réel d'activité des greffes et des centres de formalités des entreprises. En revanche, elles ne permettent pas d'apprécier correctement les tendances économiques sous-jacentes.

Le chiffre de 119 300 créations correspond aux données corrigées. Le volume brut de septembre 2026 diffère, mais c'est bien la série CVS-CJO qui permet de situer septembre 2026 comme un record historique. Les commentaires de l'INSEE portent systématiquement sur les données corrigées, qui constituent l'indicateur de référence.

Le régime micro-entrepreneur en perspective

Un poids prépondérant dans les créations

Le régime micro-entrepreneur, anciennement auto-entrepreneur, représente environ deux tiers des créations d'entreprises sur l'ensemble de l'année. Ce poids statistique explique que ses variations mensuelles influencent fortement l'évolution globale. Un mois de forte hausse des micro-entrepreneurs tire l'ensemble vers le haut ; un mois de recul, comme septembre 2026, freine la progression globale malgré la bonne tenue des autres catégories.

Le recul de 1,6 % en septembre doit être relativisé. Il intervient après un bond de 8,1 % en août, qui avait lui-même succédé à plusieurs mois de croissance soutenue. Sur trois mois, les immatriculations micro-entrepreneur progressent de 18,6 % sur un an, une dynamique supérieure à celle des sociétés. Le régime micro reste le premier vecteur de création d'entreprises en France.

Évolution sur trois mois (juillet-septembre 2026 vs 2025)

  • Entreprises individuelles classiques : +23,2 %
  • Micro-entrepreneurs : +18,6 %
  • Sociétés : +6,2 %
  • Ensemble : +16,0 %

Les enseignements du rapport IGF-Igas

Le rapport conjoint de l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), publié le 30 septembre 2026, apporte un éclairage complémentaire sur le régime micro-entrepreneur. Ce document, qui a fait l'objet d'une analyse sur ce site, rappelle que le volume de créations ne préjuge pas de l'activité économique durable générée.

Selon les données du rapport, un micro-entrepreneur sur deux déclare un chiffre d'affaires annuel inférieur à la moitié du SMIC net. La valeur ajoutée et les emplois créés par le régime restent limités au regard du nombre d'immatriculations. Ces constats ne remettent pas en cause l'utilité du dispositif, qui facilite l'accès à l'entrepreneuriat et permet de tester une activité, mais ils invitent à ne pas confondre statistiques de création et dynamisme économique.

Répartition sectorielle des créations

Les secteurs porteurs

L'INSEE ventile les créations d'entreprises par secteur d'activité. Les services aux entreprises et les activités de conseil figurent parmi les secteurs les plus dynamiques, portés par la demande des grandes entreprises qui externalisent certaines fonctions. Le commerce, malgré les difficultés du commerce physique, reste un secteur de création important, notamment sous forme de e-commerce.

La construction bénéficie de la reprise des mises en chantier et des travaux de rénovation énergétique. Les aides publiques à la rénovation, qu'il s'agisse de MaPrimeRénov' ou des certificats d'économies d'énergie, soutiennent l'activité des artisans du bâtiment et incitent à la création d'entreprises spécialisées. Les métiers de bouche et l'artisanat alimentaire maintiennent également un flux régulier de créations.

Les secteurs en retrait

Certains secteurs enregistrent des évolutions moins favorables. L'hébergement-restauration, après le rattrapage post-Covid, voit son rythme de créations se normaliser. Les difficultés de recrutement et la hausse des coûts d'exploitation freinent les projets dans ce secteur. Le transport de personnes, longtemps porté par les plateformes de VTC, marque également le pas après les années de forte croissance.

Les activités industrielles restent marginales dans les statistiques de création, en raison des barrières à l'entrée (capitaux, autorisations, compétences techniques) et de la tendance longue à la désindustrialisation. Les créations industrielles concernent principalement des activités de niche, de l'artisanat de production ou des projets de réindustrialisation accompagnés par les pouvoirs publics.

Comparaison internationale

La France parmi les pays européens

La France se distingue en Europe par un taux de création d'entreprises particulièrement élevé. Le régime micro-entrepreneur, qui n'a pas d'équivalent exact dans les autres pays européens, explique en partie cette singularité. Les formalités de création simplifiées et l'absence de capital minimum pour les entreprises individuelles favorisent l'immatriculation de projets de toute taille.

Les comparaisons doivent toutefois être maniées avec précaution. Les définitions statistiques de la création d'entreprise varient d'un pays à l'autre. Certains pays comptabilisent uniquement les créations ex nihilo, d'autres incluent les reprises ou les réactivations. Le périmètre du régime micro-entrepreneur français englobe des activités qui, dans d'autres pays, ne donneraient pas lieu à immatriculation (petites activités accessoires, complément de revenus).

Les enseignements à tirer

Le volume de créations constitue un indicateur de l'appétence pour l'entrepreneuriat et de la fluidité administrative du processus de création. Il ne mesure pas directement la création de richesse ou d'emplois. D'autres indicateurs, tels que le taux de survie à trois ans, le chiffre d'affaires moyen des entreprises créées ou le nombre d'emplois salariés générés, complètent utilement l'analyse.

La France affiche un taux de survie à trois ans inférieur à celui de certains voisins européens, ce qui traduit la fragilité d'une partie des créations. Les entreprises individuelles classiques et les sociétés présentent des taux de survie supérieurs à ceux des micro-entrepreneurs, ce qui peut expliquer l'intérêt croissant pour ces formes juridiques malgré des formalités plus lourdes.

Implications pour les créateurs

Choisir le bon statut

Le record de créations de septembre 2026 ne doit pas conduire à choisir son statut juridique en fonction des volumes nationaux. Le choix entre micro-entrepreneur, entreprise individuelle classique et société dépend de l'activité envisagée, du chiffre d'affaires prévisionnel, des investissements nécessaires, du nombre d'associés et de la situation personnelle du créateur.

Le régime micro-entrepreneur convient aux activités de services à faible investissement, dont le chiffre d'affaires reste inférieur aux seuils (77 700 euros pour les prestations de services, 188 700 euros pour les activités commerciales en 2026). Au-delà de ces seuils, ou lorsque les charges déductibles sont importantes, l'entreprise individuelle au régime réel ou la société peuvent s'avérer plus avantageuses.

L'accompagnement professionnel

Le choix du statut juridique engage le créateur pour plusieurs années et conditionne son régime fiscal, social et comptable. Un accompagnement par un expert-comptable permet d'évaluer les différentes options, de simuler les charges et les revenus selon les hypothèses d'activité, et de sécuriser les formalités de création.

L'expert-comptable intervient également en amont de la création pour valider le business plan, identifier les financements mobilisables et anticiper les obligations déclaratives. Son rôle ne se limite pas à la tenue des comptes : il constitue un interlocuteur permanent pour les questions de gestion, de fiscalité et de développement de l'entreprise.

Perspectives pour les prochains mois

Une dynamique qui devrait se maintenir

Les indicateurs conjoncturels laissent présager une poursuite de la dynamique de création d'entreprises au quatrième trimestre 2026. La stabilisation de l'inflation, la reprise de la consommation des ménages et le maintien des dispositifs d'aide à la création (ACRE, prêts d'honneur, aides régionales) soutiennent les projets entrepreneuriaux.

Le contexte réglementaire reste toutefois incertain pour les micro-entrepreneurs. Le rapport IGF-Igas a formulé des propositions de recentrage du régime, qui pourraient se traduire par des évolutions législatives dans les prochains mois. Les créateurs envisageant ce statut ont intérêt à suivre les débats parlementaires et à anticiper d'éventuels ajustements des conditions d'éligibilité.

Les points de vigilance

Le niveau record des créations ne doit pas masquer les difficultés auxquelles font face les jeunes entreprises. La hausse des coûts de l'énergie, les tensions sur les approvisionnements et les difficultés de recrutement pèsent sur la rentabilité des projets. La remontée des taux d'intérêt, même stabilisée, renchérit le coût du crédit pour les entreprises ayant besoin de financer des investissements.

Les créateurs doivent également anticiper leurs obligations fiscales et sociales. Le régime micro-entrepreneur, souvent perçu comme simple, comporte des pièges : franchissement de seuils, option pour la TVA, cotisations sociales minimales. Un accompagnement dès la création permet d'éviter les mauvaises surprises et de construire un projet sur des bases solides.

Pour toute question relative au choix du statut juridique ou à la création d'entreprise, le cabinet Barry Louison Audit accompagne les porteurs de projet dans leurs démarches.