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Contrôle fiscal : l'administration fiscale simplifie la procédure de régularisation en cours de contrôle (article L. 62 LPF)
Contrôle fiscal : simplification de la procédure de régularisation en cours de contrôle article L. 62 LPF

Contrôle fiscal : l'administration fiscale simplifie la procédure de régularisation en cours de contrôle (article L. 62 LPF)

Le BOFiP a publié le 21 janvier 2026 une actualité doctrinale qui simplifie significativement la procédure de régularisation en cours de contrôle prévue à l'article L. 62 du LPF. Formalisme allégé, délais plus souples, bonne foi présumée renforcée : cette mesure encourage les contribuables à corriger de bonne foi leurs erreurs tout en bénéficiant d'un intérêt de retard minoré.

Une procédure simplifiée depuis le 21 janvier 2026

Simplification de la procédure L. 62 LPF Formalisme allégé, délais souples, bonne foi présumée

BOFiP actualité du 21/01/2026 – BOI-CF-IOR-20-10

L'article L. 62 du Livre des procédures fiscales permet de régulariser spontanément les irrégularités constatées lors d'un contrôle fiscal. Cette procédure présente des avantages significatifs pour le contribuable de bonne foi.

0,20 % Intérêt de retard mensuel (au lieu de 0,40 %)

Soit une réduction de 50 % des intérêts de retard

Les avantages de la régularisation en cours de contrôle

📉

Intérêt réduit

0,20 % par mois au lieu de 0,40 % (÷2)

🚫

Pas de majoration 10 %

Suppression de la majoration pour retard

Pas de majoration 40 %

Évite la pénalité pour manquement délibéré

Clôture accélérée

Fin rapide du contrôle fiscal

Contrôles concernés

La procédure s'applique aux vérifications de comptabilité (VC), examens de comptabilité (EC), examens contradictoires de la situation fiscale personnelle (ESFP), et désormais explicitement aux contrôles sur pièces (CSP) débouchant sur une proposition de rectification.

Les principales simplifications introduites

📝

Demande écrite assouplie

La demande peut être formulée oralement lors de la réunion contradictoire ou par courrier électronique sécurisé (FranceConnect, certificat électronique). Plus d'obligation de signature manuscrite.

📅

Délai étendu et flexible

Le délai de 30 jours reste la règle, mais le vérificateur peut accorder jusqu'à 60 jours si la complexité des corrections le justifie (ex. : retraitement comptable lourd).

📋

Champ d'application élargi

La procédure s'applique désormais explicitement aux contrôles sur pièces (CSP) lorsqu'ils débouchent sur une proposition de rectification, et non plus seulement aux VC/EC/ESFP.

🤝

Bonne foi présumée renforcée

En cas de régularisation rapide et complète, l'administration présume plus systématiquement la bonne foi, évitant les majorations même en cas d'erreur significative (sauf fraude).

🏢

Formalisme allégé pour les PME

Pour les entreprises <50 salariés ou CA <10 M€, état récapitulatif suffisant (au lieu de pièces exhaustives) si redressement <50 000 €.

Comparaison avant/après simplification

Point Avant (jusqu'au 20/01/2026) Après (depuis le 21/01/2026)
Demande de régularisation Écrite, datée, signée manuscritement Orale ou électronique acceptée
Délai de régularisation 30 jours stricts 30 à 60 jours selon complexité
Contrôles concernés VC, EC, ESFP + CSP avec proposition de rectification
Justificatifs PME Pièces exhaustives requises État récapitulatif si <50 000 €
Présomption de bonne foi À démontrer Présumée si régularisation rapide

Conditions pour bénéficier de la procédure

Critères d'éligibilité

Erreurs relevées par le vérificateur : la régularisation porte sur des points constatés par l'administration
Déclarations initiales dans les délais : les déclarations doivent avoir été souscrites à temps
Absence de fraude : pas de manœuvre frauduleuse caractérisée
Paiement dans le délai accordé : droits rappelés + intérêts réduits
Exclusion de la procédure

La procédure de régularisation L. 62 n'est pas applicable en cas de fraude fiscale caractérisée, de manœuvres frauduleuses, ou si les déclarations initiales n'ont pas été déposées dans les délais légaux.

Conseils pratiques

Pour les entreprises

  • Anticipez : dès réception d'un avis de vérification, analysez vos déclarations et identifiez les points à risque
  • Préparez la régularisation : rassemblez les justificatifs avant même la première réunion
  • Contactez le vérificateur rapidement : manifestez votre intention de régulariser dès les premiers échanges
  • Documentez vos corrections : gardez une trace écrite de toutes les régularisations effectuées

Pour les particuliers

  • En ESFP ou CSP : profitez de la procédure pour régulariser revenus oubliés, dons, plus-values
  • Coopérez pleinement : la bonne foi est plus facilement reconnue en cas de coopération active
  • Sollicitez un délai si nécessaire : jusqu'à 60 jours peuvent être accordés pour des situations complexes
Stratégie recommandée

Dès réception d'une demande de pièces ou d'un avis de vérification, contactez votre expert-comptable ou avocat fiscaliste. Une régularisation proactive et documentée permet souvent de diviser par deux les conséquences financières du contrôle.

Questions fréquentes

Puis-je régulariser des points non encore relevés par le vérificateur ?
Non, la procédure L. 62 ne s'applique qu'aux erreurs, omissions ou insuffisances relevées par le vérificateur. Pour régulariser des points non encore identifiés, vous pouvez utiliser la procédure de régularisation spontanée (art. L. 62 A LPF) ou la déclaration rectificative classique.
Le délai de 30 jours peut-il vraiment être prolongé ?
Oui, depuis le 21 janvier 2026, le vérificateur peut accorder jusqu'à 60 jours si la complexité des corrections le justifie (retraitement comptable lourd, nombreuses écritures à rectifier). Cette demande de prolongation doit être motivée et acceptée par le vérificateur.
Une demande par email est-elle suffisante ?
Oui, depuis la simplification, un courrier électronique sécurisé (identifié via FranceConnect ou certificat électronique) est accepté. Vous pouvez également formuler votre demande oralement lors de la réunion contradictoire, le vérificateur en prenant acte dans son compte-rendu.
Que se passe-t-il si je ne paie pas dans le délai ?
Si le paiement n'intervient pas dans le délai accordé (30 ou 60 jours), le bénéfice de la procédure est perdu. Les intérêts de retard repassent au taux normal de 0,40 % par mois, et les majorations peuvent être appliquées (10 % ou 40 % selon la qualification).
La procédure est-elle applicable aux contrôles sur pièces ?
Oui, c'est l'une des nouveautés de janvier 2026. La procédure s'applique désormais explicitement aux contrôles sur pièces (CSP) lorsqu'ils débouchent sur une proposition de rectification, et non plus seulement aux vérifications de comptabilité, examens de comptabilité et ESFP.

Ce qu'il faut retenir

L'administration fiscale simplifie nettement la procédure de régularisation en cours de contrôle depuis le 21 janvier 2026. Moins de formalisme, délais plus souples, bonne foi plus facilement reconnue : une opportunité pour limiter les conséquences d'erreurs passées.

  • Intérêt de retard réduit : 0,20 % au lieu de 0,40 % (÷2)
  • Demande orale ou électronique acceptée
  • Délai de 30 à 60 jours selon complexité
  • CSP désormais inclus dans le champ d'application
  • PME : justificatifs simplifiés si redressement <50 000 €
  • Bonne foi présumée si régularisation rapide et complète

Vous êtes en cours de contrôle fiscal et souhaitez bénéficier de la procédure de régularisation ? Le cabinet vous accompagne pour optimiser votre situation et limiter les conséquences financières.

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