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PLFSS 2026 et arrêts maladie : les députés rétablissent la limitation à 1 mois
PLFSS 2026 et arrêts maladie : les députés rétablissent la limitation à 1 mois pour une première prescription

PLFSS 2026 et arrêts maladie : les députés rétablissent la limitation à 1 mois pour une première prescription

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2025, l'Assemblée nationale a rétabli une mesure clé du PLFSS 2026 : la limitation des arrêts maladie à un mois maximum pour une première prescription. Adoptée par 220 voix contre 2, cette disposition avait été supprimée par le Sénat le 25 novembre. Avec des indemnités journalières dépassant 11 milliards d'euros annuels, le gouvernement y voit un levier d'économies. Décryptage des impacts pour les employeurs, les salariés et les professionnels de santé.

Les chiffres clés des arrêts maladie en France

11,2 Md€
Indemnités journalières en 2025
+6 %
Hausse annuelle depuis 5 ans
12 M
Arrêts prescrits par an
40 %
Part des ALD dans les arrêts prolongés

La croissance des dépenses d'indemnités journalières pèse lourdement sur les comptes de la Sécurité sociale. Le déficit projeté pour 2026 atteint 10,5 milliards d'euros, malgré les 2 milliards d'économies visés par le PLFSS.

Le parcours parlementaire mouvementé de la mesure

L'article 28 du PLFSS 2026 a connu plusieurs rebondissements entre l'Assemblée nationale et le Sénat.

16 octobre 2025 Dépôt du PLFSS avec un encadrement par décret (15 jours ville / 30 jours hôpital)
9 novembre 2025 Adoption d'un amendement socialiste harmonisant à 1 mois pour toute première prescription
25 novembre 2025 Suppression de l'article par le Sénat (commission des Affaires sociales)
7-8 décembre 2025 Rétablissement par l'Assemblée nationale (220 voix contre 2)
10 décembre 2025 Commission mixte paritaire (CMP) prévue
Position du Sénat

La sénatrice LR Elisabeth Doineau a défendu la suppression de l'article, estimant que « les prescripteurs seuls apprécient la durée au regard de l'état de santé, sur évaluation clinique indépendante ». Le Sénat craignait une « logique de suspicion » envers les soignants.

Ce que prévoit le texte adopté

La version rétablie par les députés fixe un cadre précis pour les prescriptions d'arrêts de travail.

Type de prescription Durée maximale Conditions
Première prescription 1 mois Ville ou hôpital (harmonisé)
Renouvellement 2 mois maximum Après évaluation médicale
Dérogation Au-delà si justifié Mention obligatoire sur l'ordonnance

Flexibilité préservée : les médecins conservent la possibilité de dépasser ces durées « au regard de la situation du patient », à condition de justifier l'exception sur l'ordonnance. Cette marge de manœuvre répond aux inquiétudes des syndicats médicaux.

Impacts pour les différents acteurs

🏢 Pour les employeurs

  • Réduction potentielle de 10 % des absences longues
  • Meilleure visibilité sur les retours au travail
  • Risque de contentieux si les dérogations sont mal gérées (+5 % estimé)
  • Nécessité d'adapter les processus RH de suivi des absences

👤 Pour les salariés

  • Suivi médical plus rapproché (+20 % de visites de reprise estimées)
  • Protection maintenue pour les pathologies longues via les dérogations
  • Risque de fragmentation des soins pour les patients chroniques
  • Possibilité de prolongations hospitalières si nécessaire

⚕️ Pour les médecins

  • Charge administrative accrue (justification des dérogations)
  • Pression supplémentaire en zones sous-dotées (20 % des généralistes manquent de créneaux)
  • Maintien de l'autonomie de prescription grâce aux dérogations
  • Risque de reprises de travail prématurées si mal accompagnées
Point de vigilance

Les patients en affection de longue durée (ALD) représentent 40 % des arrêts prolongés. La Cour des comptes alerte sur le risque de « reporter des retours au travail prématurés » si les dérogations ne sont pas correctement appliquées.

Objectifs budgétaires : 500 millions d'économies visées

Le gouvernement table sur 500 millions d'euros d'économies annuelles dès 2026 grâce à cette mesure. L'objectif est de freiner la croissance des indemnités journalières en ciblant les arrêts prolongés sans justification médicale solide.

Selon une étude DARES de 2025, 15 % des arrêts dépassant trois mois ne disposent pas d'une justification médicale suffisante. Par ailleurs, 25 % des arrêts concernent des renouvellements considérés comme potentiellement abusifs.

Budget Sécu 2026

Le PLFSS 2026 prévoit un budget total de 502 milliards d'euros, dont 11,2 milliards pour les indemnités journalières. L'objectif est de ramener le déficit sous les 10 milliards d'euros grâce à l'ensemble des mesures d'économies.

Mesure complémentaire : fin des renouvellements en téléconsultation

Parallèlement à la limitation des durées, l'Assemblée a validé l'interdiction des renouvellements d'arrêts maladie par téléconsultation à partir de juillet 2026. Cette mesure vise les dérives observées depuis la période Covid, où les téléconsultations ont multiplié par 10 les prescriptions longues.

L'objectif est de privilégier les examens en présentiel pour évaluer correctement l'état de santé du patient avant toute prolongation.

Questions fréquentes

La limitation à 1 mois s'applique-t-elle dès janvier 2026 ?
Le calendrier dépend de l'issue de la commission mixte paritaire (CMP) du 10 décembre et du vote solennel prévu fin décembre. En cas d'adoption, l'entrée en vigueur interviendrait au 1er janvier 2026.
Les patients en ALD sont-ils concernés par cette limitation ?
Oui, mais les médecins peuvent déroger à la durée maximale « au regard de la situation du patient ». Cette dérogation doit être justifiée sur l'ordonnance. Les ALD représentent 40 % des arrêts prolongés.
Un médecin peut-il prescrire plus d'un mois dès le premier arrêt ?
Oui, à condition de justifier cette durée exceptionnelle sur l'ordonnance. La flexibilité est maintenue pour les situations médicales qui l'exigent, mais le médecin doit documenter sa décision.
Que se passe-t-il si le Sénat rejette à nouveau la mesure ?
En cas d'échec de la CMP, l'Assemblée nationale aura le dernier mot. Un vote solennel interviendra fin décembre. Si le blocage persiste, un report à 2027 n'est pas exclu.
Les arrêts en téléconsultation sont-ils totalement interdits ?
Non, seuls les renouvellements d'arrêts sont concernés par l'interdiction prévue en juillet 2026. Une première prescription reste possible en téléconsultation dans les limites prévues.

Prochaines étapes du PLFSS 2026

La commission mixte paritaire (CMP) réunit députés et sénateurs le 10 décembre pour tenter de trouver un compromis. En cas d'accord, le texte sera soumis à un vote final dans les deux chambres. En cas d'échec, l'Assemblée nationale aura le dernier mot.

La promulgation du PLFSS est attendue avant le 1er janvier 2026 pour permettre l'entrée en vigueur des mesures budgétaires dès le début de l'année.

À noter

Le PLFSS 2026 prévoit également un nouveau congé de naissance dès janvier 2026, avancé par les députés contre l'avis initial du Sénat. Cette mesure fait partie du même texte législatif.

Ce qu'il faut retenir

Le rétablissement de la limitation à 1 mois pour les premières prescriptions d'arrêts maladie marque un tournant dans la maîtrise des dépenses de Sécurité sociale. L'équilibre entre rigueur budgétaire et protection des patients repose sur la bonne application des dérogations médicales.

  • Première prescription limitée à 1 mois (ville et hôpital)
  • Renouvellements plafonnés à 2 mois
  • Dérogations possibles avec justification sur l'ordonnance
  • 500 millions d'euros d'économies visées dès 2026
  • Fin des renouvellements en téléconsultation à partir de juillet 2026

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