CPF : un reste à charge à 350 € pour les formations non prioritaires ?
CPF reste à charge 350 euros formations non prioritaires PLF 2027

Compte personnel de formation : bientôt un reste à charge porté à 350 € pour les formations non prioritaires ?

Pour un salarié sans cofinancement qui choisit une certification non prioritaire, la participation forfaitaire passerait de 150 € à 350 €. C'est la piste retenue pour les chiffrages budgétaires 2027, selon l'entourage du ministre du Travail (23 septembre 2026). Le montant « sera fixé par décret ». Rien n'est voté.

150 €
Reste à charge actuel
350 €
Piste PLF 2027
2 avril 2026
Entrée en vigueur 150 €
≥ 150 €
Cofinancement = exonération

Annonce ≠ décret. Le montant de 350 € est le chiffre retenu pour les chiffrages budgétaires 2027. La liste des certifications « prioritaires », la date d'entrée en vigueur, le sort des demandeurs d'emploi et des cofinancements ≥ 150 € : tout cela attend le texte réglementaire. Jusque-là, la participation reste à 150 €.

Ce qu'il faut retenir de la participation forfaitaire

Depuis le 2 avril 2026, toute mobilisation du compte personnel de formation (CPF) suppose une participation forfaitaire de 150 €. Cette somme s'ajoute aux droits inscrits sur Mon Compte Formation. Ce n'est pas le reste à payer faute de solde suffisant : c'est un ticket d'entrée, même si le compte couvre intégralement le prix de la formation.

Cette participation a été introduite pour responsabiliser les titulaires de compte et limiter les inscriptions « d'aubaine ». Elle ne diminue pas les droits acquis : les euros CPF restent disponibles, mais le titulaire doit ajouter 150 € de sa poche (ou obtenir un cofinancement) pour déclencher la formation.

Participation ≠ reste à payer. Même si votre solde CPF couvre la totalité du prix de la formation, vous devez verser les 150 € de participation forfaitaire. C'est une condition d'accès au dispositif, pas une quote-part calculée sur le prix.

La piste 350 € pour 2027

L'entourage du ministre du Travail a communiqué le 23 septembre 2026 sur les orientations budgétaires pour 2027. Parmi les pistes évoquées : le relèvement de la participation forfaitaire à 350 € pour certaines formations.

Les situations envisagées

Situation Participation évoquée
Salarié, formation non prioritaire, sans cofinancement 350 €
Actif (hors demandeur d'emploi), certification prioritaire 150 €
Demandeur d'emploi, certification prioritaire 0 €
Demandeur d'emploi, non prioritaire, sans cofinancement 150 €
Cofinancement ≥ 150 € (employeur, OPCO…) Exonération évoquée

Les secteurs « prioritaires » évoqués

Dans le débat public, plusieurs secteurs ont été cités comme potentiellement « prioritaires » pour bénéficier du maintien de la participation à 150 € (voire à 0 € pour les demandeurs d'emploi) :

  • Défense — formations liées aux métiers de la défense nationale et de la sécurité
  • Industrie — qualifications industrielles, notamment dans les secteurs en tension
  • Souveraineté alimentaire — formations agricoles, agroalimentaires et circuits courts
  • Transition écologique — compétences liées à la décarbonation, aux énergies renouvelables, à l'économie circulaire
  • Transition numérique — cybersécurité, développement, data, IA
  • Médico-social — aide à la personne, soins, accompagnement du vieillissement

Liste non officielle. Ces secteurs sont cités dans le débat public et les communications ministérielles. La liste officielle des certifications « prioritaires » n'est pas publiée au Journal officiel à ce jour. Seul le décret à venir fixera le périmètre exact.

Ce qui s'applique aujourd'hui

En attendant l'éventuel décret 2027, le droit positif reste celui issu des textes de 2026. Trois éléments structurent le régime actuel du CPF.

La participation forfaitaire de 150 €

Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire est de 150 €. Elle s'applique à toute mobilisation du CPF, quelle que soit la formation choisie. Seuls les cofinancements d'au moins 150 € (employeur, OPCO, branche, Pôle emploi selon les cas) permettent d'en être exonéré.

Les plafonds de mobilisation

Le décret du 24 février 2026 a introduit des plafonds de mobilisation selon le type de formation :

  • 1 500 € par an — pour les certifications inscrites au répertoire spécifique (hors RNCP)
  • 1 600 € — pour le bilan de compétences
  • 900 € — pour le permis de conduire (catégories légères B, B1, B78)

Ces plafonds limitent le montant mobilisable sur le compte, indépendamment du solde disponible. Un titulaire disposant de 5 000 € sur son compte ne peut pas mobiliser plus de 1 500 € pour une certification du répertoire spécifique.

L'obligation de se présenter à l'examen

La loi du 25 juin 2026 a introduit une obligation de se présenter à l'examen sanctionnant la formation financée par le CPF. Le titulaire qui ne se présente pas sans motif légitime peut être tenu de rembourser tout ou partie du financement. Cette mesure vise à lutter contre les inscriptions fantaisistes et les abandons de complaisance.

La même loi interdit le financement par le CPF d'une certification déjà détenue, sauf pour les certifications en langues (qui peuvent être repassées pour attester d'une progression).

Ce qui ne change pas

Les droits acquis sur le compte (500 € par an pour un temps plein, plafond de 5 000 €) restent identiques. La participation forfaitaire ne diminue pas le solde. L'alimentation automatique se poursuit selon les règles habituelles.

Ce qui pourrait changer en 2027

Le niveau de la participation forfaitaire selon le caractère prioritaire ou non de la formation. La liste des certifications prioritaires. Les conditions d'exonération pour les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires de cofinancements.

Le cofinancement employeur : levier d'exonération

Un abondement d'au moins 150 € de l'employeur, de l'OPCO ou de la branche exonère aujourd'hui le salarié de la participation forfaitaire. La piste 2027 reprend cette logique : le cofinancement resterait un mécanisme d'exonération.

Intérêt pour l'employeur

Pour un cabinet d'expertise comptable, une PME ou toute entreprise, le cofinancement CPF présente plusieurs intérêts. Il permet d'orienter la formation vers les priorités de l'entreprise plutôt que de laisser le salarié choisir seul. Il facilite l'adhésion du salarié en supprimant la barrière financière. Il s'inscrit dans le plan de développement des compétences.

Modalités pratiques

L'abondement employeur se fait via la plateforme Mon Compte Formation, rubrique « Abondements ». L'entreprise peut abonder de manière ciblée (pour un salarié et une formation identifiés) ou collective (dotations disponibles pour un groupe de salariés). L'abondement peut être pris en charge par l'OPCO dans certains cas, notamment pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Levier simple. Former sur une priorité interne et abonder, plutôt que laisser le salarié seul face à 350 €. Le cofinancement de 150 € minimum reste le mécanisme le plus direct pour exonérer de la participation forfaitaire, aujourd'hui comme demain selon les pistes évoquées.

Calendrier et incertitudes

La piste 350 € s'inscrit dans les travaux préparatoires au projet de loi de finances (PLF) 2027. Plusieurs étapes restent à franchir avant une éventuelle entrée en vigueur.

Les étapes à venir

  • Automne 2026 — dépôt du PLF 2027 au Parlement, débat budgétaire
  • Décembre 2026 - janvier 2027 — vote de la loi de finances
  • Premier semestre 2027 — décret fixant le montant de la participation et la liste des formations prioritaires
  • Date d'entrée en vigueur — à définir par le décret (probablement courant 2027)

Les questions en suspens

Plusieurs points restent à trancher dans le futur texte réglementaire :

  • Périmètre des formations prioritaires — quelles certifications seront classées prioritaires ? Sur quels critères ? Selon quel processus de révision ?
  • Sort des formations en cours — quelle participation pour une formation inscrite avant le décret mais qui débute après ?
  • Articulation avec les plafonds — le plafond de 1 500 € pour le répertoire spécifique sera-t-il maintenu, relevé, supprimé ?
  • Demandeurs d'emploi — les conditions d'exonération seront-elles les mêmes que pour les salariés ?
  • Cofinancements multiples — comment articuler employeur, OPCO, région, Pôle emploi France Travail ?

Impact pour les salariés et les entreprises

Si la piste 350 € se concrétise, les conséquences seront différentes selon les situations.

Pour le salarié

Le salarié qui souhaite se former sur une certification non prioritaire sans cofinancement verra sa participation plus que doublée (de 150 € à 350 €). Cela peut freiner certaines formations « plaisir » ou de reconversion vers des secteurs non prioritaires. En revanche, les formations prioritaires et les formations cofinancées resteraient accessibles aux mêmes conditions qu'aujourd'hui.

Pour l'employeur

L'employeur qui n'abonde pas s'expose à voir ses salariés renoncer à certaines formations ou se tourner vers des formations prioritaires qui ne correspondent pas aux besoins de l'entreprise. L'incitation à cofinancer sera renforcée : 150 € d'abondement minimum pour éviter 350 € à la charge du salarié.

Pour les organismes de formation

Les organismes proposant des formations non prioritaires pourraient voir la demande baisser si la participation passe à 350 €. Une réorientation vers les certifications prioritaires est prévisible, avec les effets de concentration que cela implique sur certains secteurs.

Questions fréquentes

Dois-je me former avant le 31 décembre 2026 pour éviter les 350 € ?

Le montant de 150 € reste le droit positif. Anticiper un décret 2027 n'est pas une obligation. Une inscription déjà payée suit les règles du jour de l'achat. Si vous souhaitez sécuriser une formation au tarif actuel, vous pouvez vous inscrire avant l'entrée en vigueur du nouveau barème, mais la date de celui-ci n'est pas connue.

Le 350 € remplace-t-il les 150 € dans tous les cas ?

Non d'après l'entourage ministériel. Le 350 € concernerait uniquement les formations non prioritaires, sans cofinancement, pour les salariés. Les formations prioritaires resteraient à 150 €, et les demandeurs d'emploi sur formations prioritaires seraient exonérés.

Les droits CPF baissent-ils ?

Non. Ce n'est pas un rabot du solde. C'est le ticket d'entrée. Vos droits acquis (euros sur le compte) restent identiques. Seule la participation forfaitaire prélevée lors de l'inscription évoluerait.

Comment savoir si ma formation sera « prioritaire » ?

La liste officielle n'existe pas encore. Seul le décret à venir la fixera. Les secteurs cités (défense, industrie, transitions écologique et numérique, médico-social, souveraineté alimentaire) sont des indications, pas des certitudes.

Où suivre l'évolution du texte ?

PLF 2027 puis décret. D'ici là : travail-emploi.gouv.fr et Mon Compte Formation. Le Journal officiel publiera le décret une fois adopté.

C'est déjà la loi ?

Non. C'est une piste budgétaire communiquée par l'entourage ministériel. Le processus législatif et réglementaire doit encore se dérouler.

Mon employeur peut-il m'obliger à utiliser mon CPF ?

Non. Le CPF est un droit personnel. L'employeur peut proposer un cofinancement et inciter à certaines formations, mais il ne peut pas contraindre l'utilisation du compte. Le salarié reste libre de mobiliser ou non ses droits.

L'essentiel sur le cofinancement

Un abondement employeur d'au moins 150 € exonère de la participation forfaitaire. Cette règle existe aujourd'hui et devrait être maintenue selon les pistes 2027. C'est le levier le plus simple pour les entreprises qui souhaitent former leurs salariés sans leur imposer une charge financière.

L'essentiel à retenir

La participation forfaitaire CPF pourrait passer de 150 € à 350 € pour les formations non prioritaires sans cofinancement. C'est une piste budgétaire pour 2027, pas une règle en vigueur. Aujourd'hui, le droit reste à 150 €. Le cofinancement employeur ≥ 150 € exonère de cette participation et restera le levier simple.

  • Participation actuelle : 150 € depuis le 2 avril 2026
  • Piste 2027 : 350 € pour non prioritaire sans cofinancement
  • Formations prioritaires : maintien à 150 € évoqué
  • Demandeurs d'emploi sur prioritaire : 0 € évoqué
  • Cofinancement ≥ 150 € = exonération
  • Attendre le décret pour connaître les règles définitives
Cet article est publié à titre informatif. Malgré le soin apporté à la sélection et à la mise à jour des informations, celles-ci peuvent ne pas refléter l'état le plus récent de la législation. Le contenu ne saurait être interprété comme un conseil juridique, fiscal ou comptable personnalisé. Pour toute situation particulière, contactez le Cabinet Barry Louison Audit. Le cabinet décline toute responsabilité quant aux conséquences d'une utilisation sans consultation préalable.

Plan de développement des compétences 2027 ?

On distingue le droit actuel (150 €) de la piste 350 €. Un abondement employeur reste le levier le plus simple pour former vos équipes.

Contact : 06 20 19 39 91 · jennyferlouison@blaec.fr