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Déduction des intérêts des comptes courants d'associés : quel taux limite en 2026 ?
Taux limite de déduction des intérêts des comptes courants d'associés en 2026

Déduction des intérêts des comptes courants d'associés : quel taux limite en 2026 ?

Le taux limite de déduction des intérêts versés aux comptes courants d'associés est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit. Cette règle fiscale, inscrite dans le Code général des impôts, permet aux entreprises de déduire les intérêts versés à leurs associés dans des limites précises. Un point de vigilance majeur pour les experts-comptables et directions financières.

Le principe fondamental

Le taux limite de déduction est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit Seuls les intérêts versés dans la limite de ce taux sont déductibles du résultat fiscal

Lorsqu'une entreprise verse des intérêts à ses associés sur leurs avances en compte courant, la déductibilité fiscale de ces intérêts est plafonnée. Le taux limite correspond au taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable consentis aux entreprises, d'une durée initiale supérieure à deux ans.

Base légale

Cette règle est prévue par l'article 39, 1-3° du Code général des impôts. Elle s'applique à toutes les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu (BIC) qui versent des intérêts sur comptes courants d'associés.

Comment est calculé le taux limite ?

Étape 1
Relevé des taux pratiqués par les établissements de crédit
Étape 2
Calcul du taux effectif moyen (prêts à taux variable >2 ans)
Étape 3
Publication trimestrielle par la Banque de France
Étape 4
Application par l'entreprise comme plafond de déduction

Le taux limite est déterminé trimestriellement et publié par la Banque de France. Il sert de référence pour l'ensemble des exercices clos au cours du trimestre concerné.

Publication trimestrielle

T1
Janvier – Mars
T2
Avril – Juin
T3
Juillet – Septembre
T4
Octobre – Décembre
Où trouver le taux applicable ?

Le taux limite est publié chaque trimestre sur le site de la Banque de France et repris dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). L'administration fiscale met également à disposition un tableau historique des taux.

Exemple pratique de calcul

Cas concret : SAS Alpha, exercice 2026

Données :

• Avance en compte courant d'associé : 100 000 €

• Taux d'intérêt convenu avec l'associé : 6 %

• Intérêts versés sur l'exercice : 6 000 €

• Taux limite fiscal (T1 2026) : 4,5 % (exemple)

Calcul de la déductibilité :

Intérêts déductibles = 100 000 € × 4,5 % = 4 500 €

Intérêts non déductibles = 6 000 € – 4 500 € = 1 500 €

Intérêts déductibles
4 500 €
Réintégration fiscale
1 500 €
Impact sur le résultat fiscal

Les 1 500 € d'intérêts non déductibles doivent être réintégrés au résultat fiscal (ligne WQ du formulaire 2058-A). Cette réintégration augmente la base imposable à l'IS et donc l'impôt dû par l'entreprise.

Conditions de déductibilité

Pour que les intérêts versés sur comptes courants d'associés soient déductibles (dans la limite du taux légal), plusieurs conditions doivent être remplies :

Condition Exigence
Libération du capital Le capital social doit être entièrement libéré
Taux limite Intérêts plafonnés au taux effectif moyen publié
Existence d'une convention Convention de compte courant écrite recommandée
Réalité de l'avance Avance effective inscrite en comptabilité
Rémunération normale Taux non excessif par rapport au marché
Capital non entièrement libéré

Si le capital social n'est pas entièrement libéré, aucun intérêt versé sur comptes courants d'associés n'est déductible, quel que soit le taux appliqué. Cette condition est impérative et fait l'objet de contrôles fréquents.

Conséquences pratiques

Pour les entreprises

  • Suivre le taux limite chaque trimestre pour ajuster les conventions de compte courant
  • Anticiper la réintégration fiscale si le taux convenu dépasse le taux limite
  • Vérifier la libération du capital avant tout versement d'intérêts
  • Documenter les avances par une convention écrite

Pour les associés

  • Négocier un taux adapté : un taux supérieur au plafond fiscal n'est pas interdit, mais la partie excédentaire n'est pas déductible pour l'entreprise
  • Déclarer les intérêts perçus : ils constituent un revenu imposable (flat tax 30 % ou barème progressif)

Pour les experts-comptables

  • Intégrer le contrôle dans les missions de révision et de clôture
  • Vérifier le taux applicable à chaque clôture d'exercice
  • Calculer la réintégration et compléter correctement la liasse fiscale
  • Alerter les clients sur les risques de non-déductibilité
Point d'attention : exercices à cheval

Pour les exercices à cheval sur plusieurs trimestres, le taux applicable est généralement celui du trimestre de clôture. En cas de doute, il convient de se référer à la doctrine administrative ou de calculer un prorata temporis.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le taux limite de déduction des intérêts des comptes courants d'associés ?
C'est le plafond fiscal au-delà duquel les intérêts versés par l'entreprise à ses associés via des comptes courants ne sont plus déductibles du résultat imposable. Ce taux est fixé par référence au taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit.
Comment est calculé ce taux ?
Il est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable consentis aux entreprises, d'une durée initiale supérieure à deux ans. Ce taux moyen est déterminé trimestriellement et publié par la Banque de France.
Qui publie le taux limite ?
Le taux est publié chaque trimestre par la Banque de France et repris dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). L'administration fiscale met également à disposition un tableau historique.
Les intérêts versés au-delà du taux limite sont-ils déductibles ?
Non. La fraction des intérêts qui dépasse le taux limite n'est pas déductible du résultat fiscal et doit être réintégrée extra-comptablement. Cela augmente la base imposable à l'IS.
Cette règle concerne-t-elle toutes les sociétés ?
Oui. Elle s'applique à toutes les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu (BIC) qui versent des intérêts sur comptes courants d'associés.
Que se passe-t-il si le capital n'est pas entièrement libéré ?
Si le capital social n'est pas entièrement libéré, aucun intérêt versé sur comptes courants d'associés n'est déductible, quel que soit le taux appliqué. C'est une condition préalable impérative.
Peut-on verser des intérêts supérieurs au taux limite ?
Oui, c'est légalement possible. Cependant, la partie excédentaire n'est pas déductible fiscalement pour l'entreprise. L'associé, lui, est imposé sur la totalité des intérêts perçus.
Comment l'associé est-il imposé sur les intérêts perçus ?
Les intérêts constituent des revenus de capitaux mobiliers imposables soit au prélèvement forfaitaire unique (flat tax 30 %), soit sur option au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Ce qu'il faut retenir

Le taux limite de déduction des intérêts versés aux comptes courants d'associés est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit. Cette règle reste un pilier de la fiscalité des entreprises en 2026.

  • Taux calculé d'après le taux effectif moyen des établissements de crédit
  • Publication trimestrielle par la Banque de France
  • Seuls les intérêts dans la limite du taux sont déductibles
  • Dépassement = réintégration fiscale (ligne WQ du 2058-A)
  • Condition préalable : capital entièrement libéré
  • Vérification obligatoire à chaque clôture d'exercice
  • Convention de compte courant écrite recommandée

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