Déduction des intérêts des comptes courants d'associés : quel taux limite en 2026 ? | Barry Louison Audit

Déduction des intérêts des comptes courants d'associés : quel taux limite en 2026 ?

Taux limite déduction intérêts comptes courants d'associés 2026

Lorsqu'une entreprise verse des intérêts à ses associés sur leurs avances en compte courant, la déductibilité fiscale de ces intérêts est plafonnée. Le taux limite est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable consentis aux entreprises, d'une durée initiale supérieure à deux ans. Publié trimestriellement par la Banque de France, ce taux est prévu par l'article 39, 1-3° du Code général des impôts. La fraction d'intérêts dépassant ce plafond doit être réintégrée dans le résultat fiscal sur la ligne WQ du formulaire 2058-A. Un point de contrôle incontournable à chaque clôture d'exercice.

Le principe fondamental et sa base légale

Le taux limite de déduction est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit — seuls les intérêts dans cette limite sont déductibles du résultat fiscal Article 39, 1-3° du Code général des impôts — applicable à toutes les entreprises soumises à l'IS ou à l'IR (BIC)

En SARL, SAS, SA ou dans toute société soumise à l'IS, les associés peuvent mettre des fonds à disposition de la société sous forme d'avances en compte courant rémunérées par des intérêts. Mais la fiscalité encadre strictement cette déduction. Les modalités détaillées pour l'exercice en cours sont analysées dans l'article sur le taux des comptes courants d'associés 2026 et le plafond de déduction des intérêts, ainsi que dans celui sur le taux limite de déduction des intérêts des comptes courants d'associés.

Base légale — article 39, 1-3° du CGI

La règle s'applique à toutes les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu dans la catégorie BIC qui versent des intérêts sur comptes courants d'associés. Elle vise à éviter que des avances déguisées génèrent des charges excessives déductibles, au détriment du Trésor public.

Comment est calculé le taux limite ?

Le taux limite est le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable consentis aux entreprises, d'une durée initiale supérieure à deux ans. Ce taux est déterminé trimestriellement par la Banque de France, puis repris dans le BOFiP.

Étape 1
Relevé des taux pratiqués par les établissements de crédit
Étape 2
Calcul du taux effectif moyen (prêts à taux variable > 2 ans)
Étape 3
Publication trimestrielle par la Banque de France
Étape 4
Application comme plafond de déduction à la clôture

Publication trimestrielle

T1
Janvier – Mars
T2
Avril – Juin
T3
Juillet – Septembre
T4
Octobre – Décembre

Pour les exercices clos à une date donnée, c'est généralement le taux publié pour le trimestre de clôture qui s'applique. Pour les exercices décalés à cheval sur plusieurs trimestres, il convient de se référer à la doctrine administrative ou d'appliquer un prorata temporis. Cette problématique est également présente dans le calcul des acomptes d'IS 2026 et la reconduction tacite du régime spécial de calcul.

Où trouver le taux applicable ?

Le taux est publié chaque trimestre sur le site de la Banque de France et repris dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). L'administration fiscale met à disposition un tableau historique. Pour 2026, le taux applicable doit être vérifié directement sur ces sources pour chaque trimestre concerné.

Exemple pratique de calcul et réintégration fiscale

SAS Alpha — exercice clos le 31/12/2025 (exemple illustratif)
Avance en compte courant de l'associé100 000 €
Taux d'intérêt convenu avec l'associé6,00 %
Intérêts versés sur l'exercice6 000 €
Taux limite fiscal (exemple T4 2025 — à vérifier sur BOFiP)4,50 %
Intérêts déductibles (100 000 × 4,50 %)4 500 €
Réintégration fiscale ligne WQ du 2058-A (6 000 − 4 500)1 500 €

Impact sur la liasse fiscale : Les 1 500 € d'intérêts non déductibles doivent être réintégrés extra-comptablement sur la déclaration IS (ligne WQ du formulaire 2058-A). Cette réintégration augmente la base imposable et l'IS dû. L'oubli de cette réintégration est un point de redressement classique lors des vérifications de comptabilité. Les procédures de régularisation en cours de contrôle sont analysées dans l'article sur la procédure simplifiée de régularisation fiscale (article L. 62 LPF).

Conditions de déductibilité

Pour que les intérêts versés sur comptes courants d'associés soient déductibles — dans la limite du taux légal — cinq conditions cumulatives doivent être réunies.

ConditionExigence
Libération intégrale du capitalLe capital social doit être entièrement libéré — condition préalable impérative
Respect du taux limiteIntérêts plafonnés au taux effectif moyen publié trimestriellement par la Banque de France
Convention écriteConvention de compte courant écrite — fortement recommandée pour documenter les conditions
Réalité de l'avanceAvance effective inscrite en comptabilité — pas d'intérêts fictifs
Absence d'acte anormal de gestionTaux non excessif par rapport aux conditions de marché, sous peine de requalification

La condition de libération intégrale du capital est particulièrement scrutée lors des audits, et s'articule avec les enjeux de gouvernance examinés dans le cadre de l'approbation des comptes en SARL et EURL 2025, où l'état du capital conditionne également la régularité de la distribution de dividendes.

Capital non entièrement libéré — risque total : Si le capital social n'est pas entièrement libéré, aucun intérêt versé sur comptes courants d'associés n'est déductible, quel que soit le taux. Cette condition fait l'objet de contrôles fréquents et peut conduire à la réintégration de la totalité des intérêts versés, avec intérêts de retard et éventuelles majorations.

Conséquences pratiques pour les entreprises, associés et experts-comptables

Pour les entreprises

La société doit surveiller le taux limite à chaque clôture et ajuster si nécessaire les conventions de compte courant en cours d'année. Une anticipation dès la publication du taux du premier trimestre permet d'éviter des réintégrations fiscales non provisionnées. Ces questions s'inscrivent dans la gestion globale de la trésorerie, qui peut également être impactée par les mesures de soutien URSSAF face à la hausse du coût de l'énergie.

Pour les associés

Les intérêts perçus constituent des revenus de capitaux mobiliers imposables soit au prélèvement forfaitaire unique (flat tax de 30 %, incluant 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux), soit sur option au barème progressif. Cette imposition s'applique à la totalité des intérêts perçus, y compris la fraction non déductible pour la société. Les enjeux patrimoniaux liés à la rémunération des associés s'inscrivent dans le débat sur la réforme de la fiscalité du patrimoine 2025 et les propositions du CPO.

Pour les experts-comptables

La vérification du taux applicable et le calcul de la réintégration éventuelle font partie intégrante des diligences de clôture. Les intérêts sur comptes courants figurent parmi les conventions réglementées à mentionner dans le rapport spécial, comme le rappellent les règles de confidentialité des comptes annuels clarifiées par la CNCC.

Point d'attention — exercices à cheval sur plusieurs trimestres

Pour les exercices décalés à cheval sur plusieurs trimestres, le taux applicable est généralement celui du trimestre de clôture. En cas de doute, référez-vous à la doctrine administrative (BOFiP) ou appliquez un prorata temporis, en documentant le raisonnement retenu dans le dossier de travail.

Barry Louison Audit accompagne les entreprises dans la vérification de la conformité de leurs conventions de comptes courants d'associés, le calcul des réintégrations fiscales et l'optimisation de la fiscalité des associés. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École06 20 19 39 91jennyferlouison@blaec.fr

Questions fréquentes sur le taux limite des comptes courants d'associés

Comment est calculé le taux limite de déduction des intérêts sur comptes courants d'associés ?

Le taux limite est calculé d'après le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable consentis aux entreprises, d'une durée initiale supérieure à deux ans. Ce taux est déterminé trimestriellement par la Banque de France et repris dans le BOFiP.

Que se passe-t-il si les intérêts versés dépassent le taux limite ?

La fraction des intérêts qui dépasse le taux limite n'est pas déductible du résultat fiscal. Elle doit être réintégrée extra-comptablement sur la liasse fiscale (ligne WQ du formulaire 2058-A). Cette réintégration augmente la base imposable et donc l'IS dû. L'associé est imposé sur la totalité des intérêts perçus.

La règle de plafonnement s'applique-t-elle si le capital social n'est pas entièrement libéré ?

Non. Si le capital social n'est pas entièrement libéré, aucun intérêt versé sur comptes courants d'associés n'est déductible — quel que soit le taux appliqué. La libération intégrale du capital est une condition préalable et impérative, objet de contrôles réguliers.

Cette règle s'applique-t-elle à toutes les sociétés ?

Oui. La règle de l'article 39, 1-3° du CGI s'applique à toutes les entreprises soumises à l'IS ou à l'IR (catégorie BIC) qui versent des intérêts sur comptes courants d'associés. Elle concerne les SARL, SAS, SA, mais aussi les entreprises individuelles au régime réel BIC.

Peut-on verser des intérêts supérieurs au taux limite à ses associés ?

Oui, c'est légalement autorisé. Cependant, la fraction d'intérêts excédant le taux limite ne sera pas déductible fiscalement pour l'entreprise et devra être réintégrée dans son résultat imposable. L'associé est imposé sur la totalité des intérêts perçus en tant que revenus de capitaux mobiliers.

Comment l'associé est-il imposé sur les intérêts perçus via son compte courant ?

Les intérêts perçus constituent des revenus de capitaux mobiliers imposables soit au prélèvement forfaitaire unique (flat tax de 30 %, incluant 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux), soit sur option globale au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

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