Influenceurs et formation professionnelle : nouvelles mentions obligatoires dès le 1er avril 2026 | Barry Louison Audit

Influenceurs et formation professionnelle : nouvelles mentions obligatoires dès le 1er avril 2026

Influenceurs et formation professionnelle - mentions obligatoires décret 2026-233

Le décret n°2026-233 du 30 mars 2026, pris en application de la loi du 9 juin 2023 encadrant l'influence commerciale, fixe les obligations d'information s'imposant aux influenceurs qui font la promotion de formations financées sur fonds publics. En vigueur depuis le 1er avril 2026, il impose trois mentions cumulatives obligatoires, des règles strictes d'affichage selon le format (90 % de la durée et 7 % de la surface pour les vidéos, mention orale immédiate pour les formats audio) et des sanctions en cas de non-respect. Ce texte concerne tous les influenceurs, sans seuil d'audience minimum, ainsi que les organismes de formation partenaires.

Le décret n°2026-233 en bref

Décret n°2026-233 Obligations d'information des influenceurs sur les formations financées sur fonds publics Entrée en vigueur : 1er avril 2026
3 Mentions obligatoires Toutes cumulatives
90 % Durée minimale Vidéos et images
7 % Surface minimale Espace dédié
CPF Formations visées Et tout fonds public
Base légale

Ce décret est pris en application de la loi n°2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux. Il vise à garantir la transparence des contenus promotionnels portant sur des actions de développement des compétences éligibles à un financement public. Il s'inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des obligations de conformité qui touche aussi la formation professionnelle via la participation obligatoire de 150 euros au CPF en 2026.

Les 3 mentions obligatoires

Tout influenceur faisant la promotion d'une formation éligible à un financement public (notamment via le CPF) doit mentionner les trois éléments suivants de manière cumulative dans chaque contenu promotionnel :

1
Caractère public du financement

Indiquer clairement que la formation peut être financée par des fonds publics (CPF, OPCO, France Travail, etc.)

2
Règles d'éligibilité

Préciser les conditions d'accès au financement : critères, démarches à accomplir, restrictions éventuelles

3
Identité du prestataire

Mentionner la dénomination sociale et le numéro SIREN de l'organisme de formation

Mentions cumulatives et non alternatives : Ces trois mentions sont obligatoires simultanément. L'absence de l'une d'entre elles constitue un manquement à la réglementation, même si les deux autres sont présentes. L'obligation de mentionner le numéro SIREN de l'organisme de formation rejoint celle d'identification des prestataires analysée dans le contexte de la lutte contre la fraude sociale et la flagrance sociale introduite en 2025.

Modalités d'affichage selon le format

🎬 Vidéos et images

Les mentions doivent apparaître de manière visible et lisible pendant la quasi-totalité du contenu.

Durée minimale : 90 % de la durée totale du contenu
Surface minimale : 7 % de la surface publicitaire, dans un espace dédié
🎙 Formats audio

Les mentions doivent être prononcées oralement de manière claire et distincte.

Placement : immédiatement après le message promotionnel — ni avant, ni plus loin dans le contenu

Arrêté ministériel à venir : Un arrêté du ministre chargé de la formation professionnelle précisera ultérieurement les modalités techniques de présentation par type de support : stories éphémères, reels, posts statiques, podcasts, lives, etc. En attendant, les règles générales du décret s'appliquent directement. Ces obligations techniques s'inscrivent dans une logique de transparence similaire à celle qui encadre la facturation électronique et les précisions de la CNCC sur son application pratique.

Calendrier d'application

9 juin 2023 : promulgation de la loi n°2023-451 encadrant l'influence commerciale et luttant contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux.

30 mars 2026 : signature du décret n°2026-233 fixant les obligations d'information pour les formations financées sur fonds publics.

1er avril 2026 : entrée en vigueur. Application immédiate à tous les contenus promotionnels diffusés à compter de cette date, sans période de grâce.

À venir : publication de l'arrêté ministériel précisant les modalités techniques par type de support.

Qui est concerné ?

Les influenceurs

Tous les créateurs de contenu faisant la promotion de formations financées sur fonds publics sont concernés, quel que soit le réseau social utilisé (Instagram, TikTok, YouTube, LinkedIn, etc.), quel que soit le format (vidéo, image, story, reel, podcast, live) et quel que soit le nombre d'abonnés. Il n'existe pas de seuil minimum d'audience : micro-influenceurs et nano-influenceurs sont soumis aux mêmes obligations que les créateurs à très forte audience.

Les organismes de formation

Les organismes de formation qui s'appuient sur des influenceurs pour leur promotion ont des obligations spécifiques : ils doivent fournir aux influenceurs les informations obligatoires (SIREN, règles d'éligibilité), exiger contractuellement le respect des mentions dans les partenariats, et contrôler les contenus diffusés par leurs partenaires. Leur responsabilité peut être engagée en cas de contenus non conformes. La vérification du numéro de déclaration d'activité des organismes de formation s'articule avec les obligations de conformité documentaire analysées dans l'article sur le changement des codes APE en 2027 et comment les vérifier.

Les formations visées

  • Formations éligibles au CPF (Compte Personnel de Formation) ;
  • Formations financées par les OPCO (Opérateurs de Compétences) ;
  • Formations prises en charge par France Travail (anciennement Pôle Emploi) ;
  • Toute formation bénéficiant d'un financement public, quelle qu'en soit la source.

Les formations financées exclusivement sur fonds propres ou personnels ne sont pas concernées. Ces règles s'inscrivent dans le contexte plus large du financement de la formation professionnelle, dont les contours évoluent, comme l'illustre l'article sur les contrats d'apprentissage et l'encadrement resserré des niveaux de prise en charge par les branches professionnelles.

Sanctions en cas de non-respect

Les sanctions prévues par la loi du 9 juin 2023 sur l'encadrement de l'influence commerciale s'appliquent intégralement au non-respect des obligations du décret n°2026-233 :

  • Amendes administratives pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros ;
  • Injonctions de mise en conformité avec astreintes journalières ;
  • Interdiction temporaire d'activité d'influence commerciale ;
  • Publication de la sanction (name and shame) — une mesure à fort impact sur la réputation.

Les organismes de formation partenaires peuvent également être sanctionnés s'ils ont contribué à la diffusion de contenus non conformes ou s'ils n'ont pas fourni les informations nécessaires à l'influenceur. Ce renforcement du régime de sanctions rejoint la tendance générale de durcissement analysée dans l'article sur la lutte contre la fraude sociale et l'introduction de la flagrance sociale en 2025.

Conséquences pratiques

Pour les influenceurs

Dès le 1er avril 2026, chaque contenu promotionnel portant sur une formation financée sur fonds publics doit intégrer les trois mentions obligatoires, dans le respect des règles d'affichage selon le format. L'influenceur doit également exiger ces informations auprès des organismes de formation partenaires et archiver les preuves de conformité en cas de contrôle.

Pour les organismes de formation

Les contrats de partenariat avec les influenceurs doivent être mis à jour pour inclure les obligations découlant du décret, les informations à fournir (SIREN, règles d'éligibilité) et des clauses de conformité et de résiliation. Le contrôle des contenus diffusés par les partenaires devient une obligation contractuelle et réglementaire. Ces évolutions contractuelles rejoignent les enjeux de mise à jour documentaire analysés dans le contexte du logiciel de caisse 2026 et le nouveau délai de certification au 31 août 2026 — où la conformité documentaire est également centrale.

Pour les entreprises et DRH

Les directions des ressources humaines qui orientent leurs salariés vers des formations via des contenus d'influenceurs doivent s'assurer de la conformité des communications auxquelles leurs collaborateurs sont exposés. La traçabilité des dépenses CPF et la vérification des organismes de formation restent des priorités, que vient renforcer le dispositif de la participation obligatoire de 150 euros au CPF en 2026.

Barry Louison Audit accompagne les organismes de formation et les entreprises dans la mise en conformité de leurs pratiques de communication et de leurs contrats avec les influenceurs. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École06 20 19 39 91jennyferlouison@blaec.fr

Questions fréquentes sur les nouvelles obligations des influenceurs

Quelles sont les trois mentions obligatoires imposées aux influenceurs par le décret n°2026-233 ?

Tout influenceur faisant la promotion d'une formation financée sur fonds publics doit mentionner trois éléments cumulatifs : le caractère public du financement (CPF, OPCO, France Travail, etc.) ; les règles d'éligibilité associées à ce financement ; et la dénomination sociale avec le numéro SIREN de l'organisme de formation. L'absence de l'une de ces trois mentions constitue un manquement.

Comment les mentions obligatoires doivent-elles apparaître dans les contenus vidéo ?

Pour les vidéos et les images, les trois mentions doivent être visibles et lisibles pendant au moins 90 % de la durée totale du contenu, dans un espace dédié couvrant au moins 7 % de la surface publicitaire. Un arrêté ministériel précisera ultérieurement les modalités techniques spécifiques à chaque type de support.

Les règles sont-elles différentes pour les formats audio comme les podcasts ?

Oui. Pour les formats audio, les mentions doivent être prononcées oralement de manière claire et distincte, immédiatement après le message promotionnel. Elles ne peuvent pas être placées avant le message ni plus loin dans le contenu.

Quelles formations sont concernées par cette obligation ?

Sont concernées toutes les formations éligibles à un financement public : formations CPF, financées par les OPCO, prises en charge par France Travail, et plus généralement toute action de développement des compétences bénéficiant d'un financement public. Les formations financées exclusivement sur fonds propres ne sont pas visées.

Quelles sanctions s'appliquent en cas de non-respect des obligations d'information ?

Les sanctions prévues par la loi du 9 juin 2023 s'appliquent : amendes administratives pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros, injonctions de mise en conformité avec astreintes journalières, interdiction temporaire d'activité d'influence commerciale, et publication de la sanction. Les organismes de formation partenaires peuvent également être sanctionnés.

Les micro-influenceurs et nano-influenceurs sont-ils concernés par ce décret ?

Oui. Le décret s'applique à tous les créateurs de contenu qui font la promotion de formations financées sur fonds publics, quel que soit leur nombre d'abonnés. Il n'existe pas de seuil minimum d'audience permettant d'y échapper — nano, micro, macro et mega-influenceurs sont soumis aux mêmes obligations.

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