Nouvelle convention assurance chômage : primo entrants devront justifier 5 mois de travail | Barry Louison Audit

Nouvelle convention assurance chômage : primo entrants devront justifier 5 mois de travail

Assurance chômage primo entrants 5 mois affiliation 2026 - convention Unédic 1er avril 2026

À compter du 1er avril 2026, les salariés qualifiés de « primo entrants » devront justifier 5 mois d'affiliation (au lieu de 4 mois auparavant) pour ouvrir des droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Une mesure issue de la nouvelle convention d'assurance chômage agréée par le gouvernement en février 2026.

La nouvelle règle en bref

1er avril 2026 Entrée en vigueur du nouveau seuil

5 mois d'affiliation requis pour les primo entrants (contre 4 auparavant)

Avant le 1er avril 2026

Durée d'affiliation minimale pour les primo entrants

4 mois
= 88 jours travaillés — 610 heures
À partir du 1er avril 2026

Durée d'affiliation minimale pour les primo entrants

5 mois
= 130 jours travaillés — 910 heures
+1 mois Affiliation supplémentaire
24 mois Période de référence (inchangée)
4 mois Seuil maintenu — salariés déjà indemnisés
24 mois Durée max ARE <53 ans (inchangée)

Calendrier de la convention

  • 14 décembre 2025
    Signature de la convention par les partenaires sociaux (Medef, CPME, U2P, CFDT, CFE-CGC, CFTC).
  • 20 février 2026
    Agrément de la convention par le gouvernement — arrêté publié au Journal officiel.
  • 1er avril 2026
    Entrée en vigueur pour les nouvelles inscriptions à Pôle Emploi. Le seuil passe à 5 mois pour les primo entrants.
Convention agréée et applicable sans report

La convention a été agréée par arrêté publié au Journal officiel. Son entrée en vigueur au 1er avril 2026 est définitive. La LFSS 2026 publiée au JO avait déjà dessiné le cadre des évolutions sociales de l'année — cette convention chômage s'inscrit dans le même calendrier.

Qui est concerné ?

Définition du primo entrant

Toute personne qui n'a jamais perçu d'ARE ou dont les droits sont épuisés depuis plus de 2 ans. Il s'agit des nouveaux arrivants sur le marché du travail (jeunes diplômés, premiers contrats) ou des personnes qui reprennent une activité après une longue période d'inactivité. La règle des 6 mois maximum pour les stages implique que les stagiaires ne cotisent pas à l'assurance chômage — ce qui les maintient dans la catégorie primo entrant à l'issue de leur formation.

Profils directement impactés

  • Jeunes diplômés entrant sur le marché du travail
  • Personnes en reconversion après une longue période d'inactivité
  • Salariés enchaînant des contrats courts (CDD, intérim, extras)
  • Apprentis et alternants en fin de formation
  • Personnes reprenant une activité après plus de 2 ans sans droits ARE

Les contrats d'apprentissage dont l'encadrement est resserré en 2026 comptent dans le calcul de la durée d'affiliation. Les apprentis en fin de formation entrent dans la catégorie primo entrants et seront soumis au nouveau seuil. Voir aussi la question de la mise à disposition dans un groupement d'employeurs non assimilée à l'intérim — ce type de contrat compte également dans les 5 mois d'affiliation.

Salariés déjà indemnisés : règles maintenues

Les salariés qui bénéficient déjà de l'ARE ou qui ont ouvert des droits avant le 1er avril 2026 conservent le seuil de 4 mois d'affiliation. La mesure ne s'applique qu'aux nouvelles inscriptions à Pôle Emploi à compter du 1er avril 2026.

Données techniques

Paramètre Avant Après (1er avril 2026)
Durée d'affiliation primo entrants 4 mois (88j / 610h) 5 mois (130j / 910h)
Durée d'affiliation salariés indemnisés 4 mois 4 mois (inchangé)
Période de référence 24 mois 24 mois (inchangé)
Durée d'indemnisation 1 jour ARE / jour travaillé Inchangé
Plafond durée ARE (<53 ans) 24 mois Inchangé
Montant de l'ARE Calcul sur salaire de référence Inchangé

Conséquences pratiques

Pour les salariés primo entrants

  • Devront travailler 1 mois de plus avant de pouvoir prétendre à l'ARE
  • Période sans revenu de remplacement potentiellement allongée
  • Intérêt à rechercher des contrats plus longs (CDD de 5+ mois, CDI)
  • Cumul de plusieurs contrats courts pris en compte si total ≥ 5 mois sur 24 mois

Les indemnités en cas de CDD transmis tardivement ou requalifié en CDI rappellent que la qualité du contrat — et non seulement sa durée — conditionne les droits à la fin de la relation de travail. Pour les primo entrants enchaînant des CDD courts, la fermeture de l'APLD Rebond réduit par ailleurs les alternatives en cas de chômage partiel prolongé.

Pour les employeurs

  • Encouragement à proposer des contrats plus stables
  • Mise à jour des attestations employeur pour les fins de contrat à partir d'avril 2026
  • Impact sur la politique de recrutement des profils juniors

Pour les DRH et experts-comptables

  • Intégrer le nouveau seuil dans les simulations de charges sociales
  • Mettre à jour les procédures de sortie pour les contrats courts
  • Anticiper l'impact sur les provisions pour risques sociaux

Un mois peut faire toute la différence : pour un primo entrant, 1 mois supplémentaire peut représenter la différence entre une période indemnisée et une période sans aucun revenu de remplacement. La participation CPF portée à 150 € alourdit par ailleurs le budget formation des jeunes actifs qui doivent parallèlement accumuler les 5 mois d'affiliation.

Contexte et justifications

Les partenaires sociaux ont justifié cette mesure par plusieurs objectifs :

  • Rééquilibrage des comptes de l'Unédic : réduction du nombre de bénéficiaires à très court terme
  • Encourager la stabilité de l'emploi : inciter les employeurs à proposer des contrats plus longs
  • Limiter les parcours très fragmentés : éviter l'alternance CDD courts / ARE
Contreparties obtenues par les syndicats

En échange du durcissement pour les primo entrants, les organisations syndicales ont obtenu le maintien des droits rechargeables et la préservation du seuil de 4 mois pour les salariés déjà indemnisés. Cette logique de contrepartie est documentée dans le contexte de la loi 2025 sur la flagrance sociale qui durcit les sanctions contre les abus tout en renforçant les protections légitimes. La limitation des arrêts maladie à 1 mois rétablie par le PLFSS 2026 s'inscrit dans cette même dynamique de rationalisation des dépenses sociales.

Barry Louison Audit accompagne les entreprises dans l'anticipation des réformes sociales et la gestion de leurs obligations de paie. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École06 20 19 39 91jennyferlouison@blaec.fr

Questions fréquentes sur le nouveau seuil d'affiliation

Qui est considéré comme primo entrant au sens de l'assurance chômage ?

Toute personne qui n'a jamais perçu d'ARE ou dont les droits sont épuisés depuis plus de 2 ans. Cela inclut les jeunes diplômés, les personnes en reconversion et celles qui reprennent une activité après une longue période d'inactivité.

Le seuil de 5 mois s'applique-t-il aux CDD ou seulement aux CDI ?

Il s'applique à tous les contrats (CDD, CDI, alternance, intérim) dès lors qu'ils sont pris en compte dans le calcul de la durée d'affiliation. Il est possible de cumuler plusieurs contrats courts pour atteindre les 5 mois.

Les salariés déjà indemnisés sont-ils concernés par le nouveau seuil de 5 mois ?

Non. Les salariés qui bénéficient déjà de l'ARE ou qui ont ouvert des droits avant le 1er avril 2026 conservent le seuil de 4 mois d'affiliation. La mesure ne s'applique qu'aux nouvelles inscriptions à Pôle Emploi à compter du 1er avril 2026.

Le montant de l'ARE change-t-il avec cette réforme ?

Non. Seul le seuil d'affiliation est modifié pour les primo entrants. Le montant de l'ARE reste calculé sur la base du salaire de référence, et la durée d'indemnisation reste proportionnelle au temps travaillé.

Y a-t-il des exceptions pour certains publics (jeunes, travailleurs handicapés) ?

Non. Aucune exception n'a été prévue dans la convention pour les primo entrants. Le seuil de 5 mois est uniforme pour tous les publics concernés à compter du 1er avril 2026.

Vous souhaitez anticiper l'impact de cette réforme sur vos salariés ou vos charges sociales ? Contactez le cabinet.

Prendre contact avec le cabinet