Arrêts maladie : l'indemnisation dérogatoire ramenée à un an au 15 octobre 2026
Arrêts maladie - Indemnisation dérogatoire ramenée à un an

Arrêts maladie : l'indemnisation dérogatoire ramenée à un an au 15 octobre 2026

Annonce du ministère de la Santé le 10 septembre 2026 : le régime dérogatoire d'indemnisation des arrêts maladie — parfois appelé ALD non exonérante — passerait de trois ans à un an. Deux décrets sont attendus. Les ALD exonérantes (cancer, diabète, insuffisance cardiaque…) conservent leur plafond de trois ans. À la date de rédaction, le texte n'est pas publié au Journal officiel.

⚠ Décret non encore publié

Un projet de décret (NOR SFHS2617977D) circule avec une entrée en vigueur au 1ᵉʳ octobre. Le cabinet de la ministre a indiqué le 15 octobre. Seul le texte paru au JO fera foi. Ne rien notifier au salarié ni à l'organisme de prévoyance sur la foi d'une annonce.

1. Le droit actuel : trois régimes distincts

Le régime général verse des indemnités journalières (IJ) en cas d'arrêt maladie. Leur durée maximale dépend de la situation médicale de l'assuré. Trois régimes coexistent :

Régime Durée max. d'IJ Soins à 100 % Évolution annoncée
Droit commun 360 jours / 3 ans glissants Non Inchangé
Régime dérogatoire (après 6 mois, hors ALD exonérante) 3 ans → 1 an Non Réduction annoncée
ALD exonérante (L. 160-14, 3° et 4°) 3 ans Oui Maintenu
400 000
personnes concernées par le régime dérogatoire
33 %
dépression légère (1ᵉʳ motif)
32 %
troubles musculo-squelettiques (2ᵉ motif)
3 → 1 an
réduction du plafond dérogatoire

2. Ce que la mesure ne fait pas

Ce qui reste inchangé

  • Les ALD exonérantes (cancer, diabète, insuffisance cardiaque, liste L. 160-14 CSS) restent à trois ans d'IJ.
  • Le maintien de salaire légal de l'employeur (L. 1226-1 du code du travail) n'est pas réécrit par l'annonce.
  • Le droit commun (360 jours / 3 ans glissants) reste identique.

Ce qui change

  • Le régime dérogatoire (parfois appelé ALD non exonérante) passe de 3 ans à 1 an d'indemnisation consécutive.
  • Un second décret viserait les arrêts courts obtenus en multipliant les prescripteurs (« nomadisme médical »).
Contrepartie annoncée

Des parcours de soins renforcés (expérimentations Sésame, dispositif de soins pluridisciplinaires DSPP) sont présentés comme la contrepartie de cette réduction de durée d'indemnisation.

3. Application dans le temps

Selon le briefing ministériel du 10 septembre, la date d'entrée en vigueur serait fixée au 15 octobre 2026. Cependant, le projet de décret mentionne le 1ᵉʳ octobre 2026. Tant que le Journal officiel n'a pas tranché, aucune des deux dates ne peut être tenue pour acquise.

12 juin 2026
Décret n° 2026-498 fixant les plafonds de prescription (31 / 62 jours) — distinct du présent texte.
10 septembre 2026
Annonce ministérielle de la réduction du régime dérogatoire.
15 octobre 2026 (annoncé)
Date d'effet selon le briefing ministériel — à confirmer par publication au JO.

Règles transitoires annoncées

Situation au 15 octobre 2026 Régime applicable (selon briefing)
Arrêts prescrits à compter du 15 octobre Nouveau plafond d'un an
Arrêts en cours atteignant 6 mois à cette date Nouveau plafond d'un an
Arrêts déjà de plus de 6 mois au 15 octobre Ancien plafond de 3 ans (maintenu)

4. Conséquences pour l'employeur

  • Maintien de salaire — Le maintien de salaire légal (L. 1226-1) et conventionnel n'est pas modifié par l'annonce. Il s'adosse toutefois, en pratique, aux IJ versées.
  • Fin anticipée des IJ — Un salarié en régime dérogatoire dont les IJ s'arrêtent au bout d'un an peut basculer plus tôt sur le seul complément employeur, ou sur rien si la convention est alignée sur les IJ.
  • Contrats de prévoyance — Relire les accords de prévoyance « incapacité » : beaucoup prennent le relais à l'épuisement des IJ. La date d'épuisement avance.
  • Ne pas confondre — Le décret n° 2026-498 (plafonds de prescription 31 / 62 jours depuis le 1ᵉʳ septembre 2026) est un texte distinct.
  • Attendre le JO — Ne rien écrire au salarié ni à l'organisme de prévoyance avant la publication officielle du décret.
Point de vigilance

Un salarié en dépression légère ou TMS indemnisé depuis 8 mois au 15 octobre resterait sous l'ancien plafond de 3 ans (selon le briefing). Cette règle transitoire doit être confirmée par le décret publié.

Questions fréquentes

Mon salarié en cancer est-il concerné ?
Non, s'il bénéficie d'une ALD exonérante. Le plafond de trois ans d'IJ est maintenu pour les pathologies inscrites sur la liste des ALD au sens des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale.
Le décret est-il déjà applicable ?
Non. L'annonce date du 10 septembre, une publication « très rapide » a été promise, avec une date d'effet annoncée au 15 octobre. Tant que le JO n'a pas publié le texte, aucune mesure ne peut être appliquée.
L'employeur doit-il cesser le complément au bout d'un an ?
Cela dépend du code du travail, de la convention collective applicable et du contrat de prévoyance — pas de l'annonce seule. Le maintien de salaire légal reste régi par l'article L. 1226-1.
Qu'en est-il des arrêts déjà ouverts depuis huit mois ?
D'après le briefing ministériel, les arrêts déjà de plus de six mois au 15 octobre resteraient sous l'ancien plafond de trois ans. Cette règle transitoire sera confirmée par le décret publié.
Où suivre la publication du décret ?
Légifrance (JORF) et les pages Ameli / Service-Public, qui n'étaient pas encore mises à jour au 19 septembre 2026.

Ce que l'employeur peut anticiper

En attendant la publication du décret, plusieurs actions préparatoires sont recommandées :

  • Identifier les salariés actuellement en arrêt de plus de six mois hors ALD exonérante.
  • Relire les dispositions conventionnelles de branche sur le maintien de salaire maladie.
  • Vérifier les clauses du contrat de prévoyance collective (incapacité, déclenchement du relais).
  • Ne rien notifier au salarié ni à l'organisme tant que le JO n'a pas publié le texte.
  • Surveiller Légifrance et Ameli pour la parution effective.
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Arrêt long, prévoyance, maintien de salaire ?
Dès la parution du décret, le cabinet recale le dossier paie et le contrat de prévoyance. Avant le JO, on ne coupe aucune IJ sur une annonce.

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