Pacte Papin : le dispositif fiscal annoncé pour la reprise d'entreprise par les salariés
Pacte Papin : le dispositif fiscal annoncé pour la reprise d'entreprise par les salariés

« Pacte Papin » : le Gouvernement détaille son dispositif fiscal pour la reprise d'entreprise par les salariés

Le Premier ministre a annoncé, dans une lettre aux entrepreneurs, un « pacte Papin » inscrit au prochain budget. Le ministre des PME en a précisé les contours les 9 et 10 septembre. L'enjeu démographique est celui déjà documenté par Bercy en avril 2026 : des centaines de milliers d'entreprises à transmettre, trois millions d'emplois potentiellement concernés, une entreprise sur deux sans repreneur identifié.

Statut du texte

Aucun article de loi n'est voté à la date de rédaction. Les taux, plafonds et conditions d'ancienneté annoncés par le ministre peuvent encore changer en Conseil des ministres, à l'Assemblée et au Sénat. On prépare une cession avec le droit actuel. On n'attend pas un article qui n'existe pas.

Les trois étages annoncés

Le ministre présente le pacte comme le pendant, pour la reprise salariée à titre onéreux, de ce que le pacte Dutreil fait pour la transmission familiale à titre gratuit.

1
Suramortissement du matériel
30 %
de la valeur en plus de l'amortissement classique. 60 % pour les entreprises de moins de 10 salariés. À compter du 1er janvier, sous réserve du PLF.
2
Droits d'enregistrement
3 % → 0,1 %
Sur la reprise par les salariés. Exemple ministériel : 250 € au lieu d'environ 8 000 € sur un fonds de 250 000 €.
3
Abattement cédant retraite
500 k€ → 1 M€
Doublement de l'abattement fixe actuel en cas de départ à la retraite et de cession aux salariés. Étalement possible si crédit-vendeur.
Objectif affiché

Doubler les reprises de TPE-PME par les salariés, aujourd'hui de l'ordre de 6 500 par an. Le coût budgétaire annoncé par l'entourage du ministre se situerait à « quelques dizaines de millions d'euros ».

Ce que dit déjà le droit

Tant que le PLF 2027 n'est pas voté, le cédant et le repreneur travaillent avec les textes en vigueur.

Dispositif actuel Objet Texte
Pacte Dutreil Transmission à titre gratuit, engagement collectif puis individuel CGI art. 787 B
Abattement départ à la retraite 500 000 € sur la plus-value de cession de titres, sous conditions CGI art. 150-0 D ter
Droits d'enregistrement fonds Barème progressif, dont 3 % au-delà d'un seuil CGI art. 719

Conditions du 150-0 D ter actuel

L'article 150-0 D ter subordonne l'abattement de 500 000 € à :

  • Cession d'une participation substantielle
  • Exercice de fonctions de direction pendant cinq ans
  • Cessation des fonctions et liquidation des droits à retraite dans les deux ans
  • Respect des critères PME

Le pacte Papin, s'il est voté tel qu'annoncé, doublerait cet abattement lorsque l'acheteur est un salarié — et seulement dans ce cas.

Calendrier parlementaire

Le dépôt du projet de loi de finances est attendu autour du 30 septembre 2026 (date limite constitutionnelle : premier mardi d'octobre). Les mesures fiscales se votent en première partie.

Aucune anticipation possible

Jusqu'à la promulgation, aucun notaire, aucun expert-comptable ne peut appliquer le taux de 0,1 % ni l'abattement d'un million. Le droit applicable est celui en vigueur au jour de la signature.

Ce que le cédant et le salarié peuvent faire maintenant

Actions immédiates

  • Cartographier l'opération avec le droit actuel : titres ou fonds, Dutreil ou non, 150-0 D ter ou non, crédit-vendeur déjà possible sans pacte Papin
  • Documenter l'ancienneté du salarié repreneur et la réalité de ses fonctions. Les conditions d'éligibilité du futur texte sont encore inconnues
  • Ne pas retarder une cession mûre pour « attendre le million ». Un report mal calibré fait perdre le délai de deux ans du 150-0 D ter actuel
  • Distinguer reprise par les salariés et transmission familiale. Le Dutreil n'est pas abrogé ; le ministre a réaffirmé qu'on n'y « touche pas »
  • Préparer le financement (apport, emprunt, crédit-vendeur) sans faire reposer tout le plan de trésorerie sur un taux d'enregistrement encore virtuel

Questions fréquentes

Le pacte Papin est-il applicable aujourd'hui ?
Non. C'est une intention de PLF 2027. Aucun formulaire, aucun taux réduit n'est ouvert.
Remplace-t-il le pacte Dutreil ?
Non. Le Dutreil reste le régime des transmissions à titre gratuit, essentiellement familiales. Le pacte Papin viserait la reprise à titre onéreux par les salariés.
Une holding de reprise constituée par des salariés entrerait-elle dans le dispositif ?
Le ministre l'a évoqué. Le texte voté tranchera. On ne rédige pas les statuts sur une phrase d'interview.
L'abattement de 500 000 € disparaît-il ?
Rien de tel n'a été annoncé. L'hypothèse publique est un doublement, limité à la cession aux salariés partant à la retraite.
Où suivre le texte officiel ?
Dépôt du PLF sur assemblee-nationale.fr, puis Légifrance. En amont : economie.gouv.fr (Objectif reprises) et les communiqués de Bercy.

Ce qu'il faut retenir

Le « pacte Papin » est une annonce de PLF 2027, pas une loi en vigueur. Il vise la reprise d'entreprise par les salariés avec trois leviers : suramortissement (30 % / 60 %), droits d'enregistrement réduits à 0,1 %, et doublement de l'abattement départ à la retraite (1 M€ au lieu de 500 000 €). Tant que le texte n'est pas voté, on prépare avec le droit actuel.

  • Annonce du 9 septembre 2026, destinée au PLF 2027
  • Suramortissement : 30 % (60 % pour < 10 salariés)
  • Droits d'enregistrement : 3 % → 0,1 % pour reprise salariée
  • Abattement cédant : 500 000 € → 1 000 000 € si cession aux salariés
  • Dutreil non modifié : transmissions gratuites inchangées
  • Ne pas attendre : le droit actuel (150-0 D ter) s'applique seul pour l'instant

Cession à un salarié, départ à la retraite, crédit-vendeur ? Le cabinet chiffre l'opération avec le droit en vigueur (Dutreil, 150-0 D ter, droits d'enregistrement) et pose les clauses qui resteront utiles même si le pacte Papin change en navette.

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