Tarification AT/MP 2026 : les taux personnalisés sont disponibles pour les entreprises | Barry Louison Audit

Tarification AT/MP 2026 : les taux personnalisés sont disponibles pour les entreprises

Tarification AT/MP 2026 - taux personnalisés disponibles pour les entreprises

Depuis le 5 janvier 2026, les entreprises relevant du régime général de la Sécurité sociale ont accès à leurs taux personnalisés de cotisations accidents du travail / maladies professionnelles (AT/MP) sur net-entreprises.fr. Ces taux s'appliquent à compter du 1er janvier 2026 et doivent être intégrés sans délai dans les bulletins de paie de janvier. Le taux moyen national 2026 s'établit à 2,08 %, en légère baisse par rapport à 2025 (2,12 %). Chaque établissement dispose d'un taux personnalisé qui peut s'en écarter significativement selon son secteur d'activité et son historique de sinistralité.

Taux moyen national 2026 et urgence d'action

2,08 % Taux net moyen national AT/MP 2026 En légère baisse par rapport à 2025 (2,12 %) — applicable depuis le 1er janvier 2026

Action immédiate requise : Les taux AT/MP 2026 sont applicables dès le 1er janvier. Tout employeur qui n'a pas encore consulté et intégré ses taux personnalisés dans son logiciel de paie doit le faire sans attendre. Un taux incorrect sur les bulletins de janvier génère des anomalies DSN et des régularisations URSSAF potentiellement majorées.

Le taux moyen national de 2,08 % est un indicateur de référence. Les taux personnalisés de chaque établissement peuvent varier de moins de 1 % à plus de 10 % selon le secteur d'activité, l'effectif et l'historique de sinistralité. Cette variabilité rend indispensable la consultation individuelle via le compte AT/MP sur net-entreprises.fr. L'évolution de ces taux s'inscrit dans le contexte global des cotisations sociales 2026, qui inclut également la revalorisation du plafond de la sécurité sociale 2026 et ses impacts sur l'ensemble des cotisations employeurs.

Rappel : la cotisation AT/MP et ses critères de calcul

La cotisation AT/MP finance les prestations versées en cas d'accident du travail, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle : indemnités journalières, rentes d'incapacité permanente, soins médicaux, rééducation professionnelle. Elle est exclusivement à la charge de l'employeur — aucune déduction sur le salaire du salarié n'est possible.

Trois critères déterminent le taux applicable à chaque établissement :

  • Code risque : activité principale de l'établissement, qui détermine le secteur de rattachement (BTP, bureaux, commerce, industrie, etc.) ;
  • Effectif : nombre moyen de salariés de l'année de référence — pour 2026, l'effectif retenu est celui de 2024 ;
  • Sinistralité : accidents du travail et maladies professionnelles survenus lors des trois dernières années disponibles (2022, 2023, 2024).

Ces critères sont en lien direct avec les obligations de déclaration sociale numérique. Une DSN correctement renseignée est la base d'un calcul de taux fiable. Les enjeux de conformité déclarative sont également au cœur des obligations analysées dans le cadre de la tarification AT/MP 2026 et rejoignent les problématiques traitées lors des contrôles URSSAF documentés dans l'article sur les mesures de soutien URSSAF face à la hausse du coût de l'énergie.

Les trois modes de tarification selon l'effectif

< 20 salariés
Tarification collective

Taux fixe par secteur d'activité, identique pour toutes les entreprises du même code risque. Défini par arrêté ministériel, indépendant de la sinistralité propre à l'entreprise.

20 à 149 salariés
Tarification mixte

Combinaison pondérée du taux collectif sectoriel et du taux individuel calculé sur les sinistres réels. La part individuelle augmente avec la taille de l'effectif.

≥ 150 salariés
Tarification individuelle

Taux calculé entièrement sur les sinistres réels de l'établissement sur les 3 dernières années. La politique de prévention a un impact direct et mesurable sur le taux.

Effectif de référence pour 2026

L'effectif pris en compte pour déterminer le mode de tarification 2026 est celui constaté en 2024. Une entreprise passant de 19 à 21 salariés en 2024 bascule en tarification mixte pour 2026. Ce changement de mode peut modifier substantiellement le montant des cotisations dues — une vérification préalable s'impose lors de la mise à jour du logiciel de paie. Cette logique de seuil rejoint celle applicable pour la désignation du représentant syndical au CSE et ses seuils d'effectifs.

Où et comment consulter vos taux personnalisés

Les taux AT/MP 2026 sont disponibles depuis le 5 janvier 2026 sur le Compte entreprise Assurance Maladie, accessible via net-entreprises.fr. La procédure est la suivante :

1
Connexion à net-entreprises.frAccédez à votre espace professionnel avec vos identifiants (SIRET, mot de passe ou via France Connect+).
2
Accès au service « Compte AT/MP »Sélectionnez l'établissement concerné dans votre espace entreprise. Si votre entreprise comporte plusieurs établissements, consultez chacun séparément.
3
Téléchargement de la notification de tauxLe document indique le taux par établissement, le code risque et les éléments justificatifs du calcul (sinistres pris en compte, effectif retenu).
4
Mise à jour du logiciel de paieIntégrez le nouveau taux immédiatement pour vos bulletins de janvier 2026. Les tiers déclarants (experts-comptables, cabinets de paie) disposant d'une habilitation peuvent effectuer cette consultation pour le compte de leurs clients.

Point de vigilance — indisponibilités techniques : DSN indisponible le 20 janvier — les dépôts en norme 2026 sont possibles à partir du 21 janvier. PASRAU indisponible le 22 janvier à partir de 18h. Anticipez vos déclarations pour ne pas être pris de court par ces fenêtres de maintenance.

Composition du taux net AT/MP

Le taux brut de cotisation est majoré de plusieurs contributions mutualisées dont le montant est fixé par arrêté. Le taux net — celui effectivement appliqué en paie — intègre ces quatre majorations :

Majoration Objet Taux 2026
M1 Accidents de trajet 0,19 %
M2 Frais de gestion de la branche AT/MP 52 % du taux brut
M3 Transferts vers d'autres régimes 0,17 %
M4 Compte professionnel de prévention (C2P) 0,03 %

La formule simplifiée est : Taux net = Taux brut × (1 + M2) + M1 + M3 + M4. La notification de taux communiquée via net-entreprises.fr indique directement le taux net à appliquer — il n'est pas nécessaire d'effectuer ce calcul manuellement.

Nouveauté 2026 : répartition des sinistres pour l'intérim

Une évolution réglementaire significative s'applique en 2026 pour les entreprises qui recourent aux travailleurs temporaires. Les sinistres AT/MP survenant chez des intérimaires en mission sont désormais répartis à parts égales (50/50) entre l'entreprise de travail temporaire (ETT) et l'entreprise utilisatrice.

Cette répartition concerne les entreprises relevant de la tarification mixte ou individuelle — soit celles de 20 salariés et plus. Pour les structures qui recourent régulièrement à l'intérim, cette nouveauté peut avoir un impact mesurable sur leur sinistralité calculée et, par conséquent, sur leur taux futur. La question de la mise à disposition de personnel, y compris ses implications juridiques et sociales, est également traitée dans l'article sur la mise à disposition par un groupement d'employeurs et son assimilation à l'intérim.

Impact pour les entreprises utilisatrices

Si votre établissement accueille régulièrement des intérimaires et relève de la tarification mixte ou individuelle, votre sinistralité AT/MP intègre désormais une part des accidents survenus lors des missions. Analysez votre historique de sinistres avec intérimaires pour évaluer l'impact sur votre taux 2027 et les suivants — et engagez si nécessaire des actions de prévention ciblées avec vos partenaires d'intérim.

Actions à mener et délais à respecter

Analyser son taux et agir rapidement

Si le taux 2026 est en hausse significative par rapport à 2025, une analyse de la sinistralité s'impose : quels accidents ou maladies professionnelles ont été déclarés en 2022, 2023 ou 2024 ? Y a-t-il des accidents contestables ou des maladies à caractère professionnel douteux ? L'analyse préalable est également utile pour les entreprises relevant de la tarification individuelle qui envisagent une politique de prévention active. Pour les recours et contestations, les délais imposés par l'administration fiscale rejoignent ceux de la procédure de régularisation en cours de contrôle fiscal (article L. 62 LPF) : l'anticipation et la réactivité sont déterminantes.

Contester dans les délais

L'employeur dispose d'un délai de 2 mois à compter de la notification pour contester son taux auprès de la CARSAT de son ressort. La contestation peut porter sur le code risque, les sinistres pris en compte, l'effectif retenu ou le mode de tarification. Un recours bien fondé peut conduire à une révision à la baisse du taux applicable.

Optimiser la prévention pour les années suivantes

En tarification mixte ou individuelle, chaque action de prévention efficace se traduit par une réduction du taux futur, avec un décalage de trois ans. Les entreprises peuvent solliciter leur CARSAT pour un accompagnement à la prévention et, dans certains secteurs, conclure des contrats de prévention qui financent partiellement les investissements de sécurité. Cette démarche proactive complète avantageusement la politique de gestion du coût du travail, notamment dans le contexte des mesures clés de la LFSS 2026 publiée au Journal officiel.

Taux « fonctions supports »

Les salariés exerçant des fonctions administratives ou de gestion isolées — sans lien avec l'activité à risque de l'établissement — peuvent bénéficier d'un taux réduit spécifique dit taux « fonctions supports ». Vérifiez l'éligibilité de vos collaborateurs administratifs auprès de votre CARSAT, notamment pour les établissements relevant du BTP ou de l'industrie.

L'ensemble de ces arbitrages s'intègre dans la gestion globale des charges sociales de l'entreprise. Le plafond de l'aide CSE pour les services à la personne à 2 591 € en 2026 et la tarification AT/MP font partie des paramètres à réviser simultanément en début d'exercice pour garantir des bulletins de paie conformes dès janvier.

Barry Louison Audit accompagne les entreprises dans la gestion de leurs obligations sociales, l'analyse de leur sinistralité AT/MP et la mise en conformité de leurs déclarations DSN. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École06 20 19 39 91jennyferlouison@blaec.fr

Questions fréquentes sur la tarification AT/MP 2026

Quand les taux AT/MP 2026 sont-ils applicables et où les consulter ?

Les taux AT/MP 2026 s'appliquent à compter du 1er janvier 2026. Ils sont disponibles sur le Compte entreprise Assurance Maladie, accessible via net-entreprises.fr, depuis le 5 janvier 2026. Chaque établissement dispose de sa propre notification de taux téléchargeable dans l'espace professionnel. Ces taux doivent être intégrés dès les bulletins de paie de janvier pour éviter les régularisations auprès de l'URSSAF.

Comment est calculé mon taux personnalisé AT/MP ?

Le taux personnalisé dépend de trois critères : le code risque de l'établissement (activité principale), l'effectif de l'année de référence (2024 pour le calcul 2026), et la sinistralité des trois dernières années disponibles (2022, 2023, 2024). Pour les entreprises de moins de 20 salariés, le taux est collectif et identique pour tous les établissements du même secteur. Entre 20 et 149 salariés, un taux mixte combine collectif et individuel. Au-delà de 150 salariés, le taux est entièrement individuel.

Est-il possible de contester son taux AT/MP 2026 ?

Oui. L'employeur dispose d'un délai de 2 mois à compter de la notification de son taux pour contester auprès de la CARSAT de son ressort. La contestation peut porter sur le code risque assigné à l'établissement, les sinistres pris en compte dans le calcul, l'effectif de référence retenu, ou le mode de tarification appliqué. Un recours bien fondé peut conduire à une révision à la baisse du taux.

Quelles sont les conséquences de l'application d'un mauvais taux AT/MP en paie ?

L'application d'un taux incorrect génère des anomalies dans la DSN et des demandes de régularisation de l'URSSAF. Si le taux appliqué est inférieur au taux réel, l'employeur devra verser les cotisations manquantes avec des majorations de retard. Si le taux est supérieur, une demande de remboursement est possible mais alourdit les démarches administratives. La vérification et la mise à jour du taux dès janvier est donc prioritaire.

Qu'est-ce que la nouveauté 2026 concernant la répartition des sinistres pour l'intérim ?

Depuis 2026, les sinistres AT/MP survenant chez des travailleurs intérimaires en mission sont répartis à parts égales (50/50) entre l'entreprise de travail temporaire (ETT) et l'entreprise utilisatrice. Cette répartition s'applique aux entreprises relevant de la tarification mixte ou individuelle. Les entreprises qui recourent régulièrement à l'intérim doivent donc anticiper que leur sinistralité intègre désormais une part des accidents survenus lors de missions chez elles.

Comment réduire son taux AT/MP dans les années à venir ?

En tarification mixte ou individuelle, le taux dépend de la sinistralité réelle sur les 3 dernières années. Une politique de prévention efficace — formation à la sécurité, équipements de protection, ergonomie des postes — permet de réduire le nombre et la gravité des sinistres. Les effets sur le taux se manifestent avec un décalage de 3 ans. Les entreprises peuvent solliciter leur CARSAT pour un accompagnement à la prévention, notamment via des contrats de prévention.

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