IS : reconduction tacite du régime spécial de calcul des acomptes confirmée par l'administration fiscale pour 2026
Via une actualité publiée au BOFiP le 20 janvier 2026, l'administration fiscale confirme la reconduction tacite du régime dérogatoire de calcul des acomptes d'impôt sur les sociétés (IS) pour l'exercice 2026. Les entreprises calculent leurs acomptes sur la base du résultat fiscal de l'exercice N-1 (2025), et non de l'exercice N-2 (2024) comme dans le régime de droit commun. Ce mécanisme, en vigueur depuis 2020, est maintenu dans le contexte de blocage du PLF 2026. Les quatre échéances restent inchangées : 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre 2026.
Reconduction confirmée : calcul sur le résultat 2025
Le régime dérogatoire, introduit par la loi de finances rectificative pour 2020 en réponse aux difficultés de prévisibilité liées à la crise sanitaire, a été reconduit chaque année depuis lors. Il déroge au mécanisme de droit commun de l'article 1663 bis du CGI, qui impose de calculer les acomptes sur la base du résultat fiscal de l'avant-dernier exercice clos (N-2). La base N-1 permet une plus grande cohérence entre les acomptes versés et le résultat réellement attendu.
Le PLF 2026 étant toujours en instance au moment de la publication du BOFiP, l'administration fiscale a choisi de formaliser ce maintien par voie doctrinale pour sécuriser les premières déclarations d'acomptes de mars 2026. Cette reconduction s'inscrit dans le cadre plus large du principe de continuité fiscale analysé dans l'article sur le PLF 2026 et la feuille de route du gouvernement en attente de la reprise des débats.
Droit commun (art. 1663 bis CGI) : acomptes calculés sur le résultat fiscal N-2, soit pour 2026 sur le résultat 2024.
Régime spécial (art. 1663 quater CGI) : acomptes calculés sur le résultat fiscal N-1, soit pour 2026 sur le résultat 2025. Ce mécanisme est plus fidèle à la situation économique réelle de l'entreprise.
Taux d'IS applicables en 2026
Pour les PME éligibles au taux réduit, le calcul des acomptes doit combiner les deux taux : 15 % sur la tranche jusqu'à 42 500 € et 25 % au-delà. L'éligibilité au taux réduit doit être vérifiée chaque année, notamment après une cession de parts ou un franchissement du seuil de chiffre d'affaires. Ces questions s'articulent avec les enjeux de structure du capital traités dans l'article sur la cession de parts sociales en SARL et les conditions d'agrément.
Calendrier des 4 acomptes et solde 2027
15 mars 2026 — 1er acompte : 25 % de l'IS calculé sur le résultat fiscal 2025. Premier versement de l'exercice, à effectuer par télépaiement via l'espace professionnel impots.gouv.fr.
15 juin 2026 — 2e acompte : 25 % de l'IS calculé sur le résultat fiscal 2025. Même base que le 1er acompte.
15 septembre 2026 — 3e acompte : 25 % de l'IS calculé sur le résultat fiscal 2025. Pour les grandes entreprises dépassant certains seuils de CA, une règle de relèvement à 95 % peut s'appliquer dès cet acompte.
15 décembre 2026 — 4e acompte : Ajustement pour que le total des 4 acomptes atteigne exactement 95 % de l'IS théorique sur l'exercice de référence (2025). Si les 3 premiers représentent 75 %, le 4e est de 20 %.
Mai 2027 — Solde : Régularisation sur le résultat réel de l'exercice 2026, lors du dépôt de la liasse fiscale. Le solde correspond à l'IS effectivement dû sur 2026 moins les 4 acomptes versés.
Pour les entreprises dont l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile, les échéances sont ajustées : le premier acompte est dû le 15 du 3e mois suivant la clôture de l'exercice précédent. Exemple : exercice clos le 30 juin 2025 → acomptes dus les 15/09/2025, 15/12/2025, 15/03/2026 et 15/06/2026.
Exemple de calcul pour un exercice clos au 31/12/2025
Dans cet exemple, le solde à régler en mai 2027 représente au minimum 5 % de l'IS théorique, soit 2 500 €, auxquels s'ajoute l'éventuel écart entre l'IS calculé sur 2025 (base des acomptes) et l'IS réellement dû sur 2026. Si l'entreprise a réalisé un résultat 2026 de 250 000 € par exemple, l'IS dû sera de 62 500 €, et le solde sera de 62 500 − 47 500 = 15 000 €. Cette gestion prévisionnelle du solde d'IS s'intègre dans l'ensemble des obligations comptables à anticiper lors de l'approbation des comptes annuels en SARL et EURL.
Points de vigilance : option acompte moindre et crédits d'impôt
Option pour un acompte provisionnel réduit
Si l'entreprise anticipe un résultat 2026 significativement inférieur à son résultat 2025, elle peut opter pour des acomptes provisionnels réduits, correspondant à 25 % de l'IS estimé sur 2026 plutôt que sur 2025. Cette option génère un avantage de trésorerie mais expose à un risque de majoration.
Point de vigilance — majoration de 5 % : Toute sous-estimation des acomptes de plus de 10 % par rapport au solde final réel entraîne une majoration de 5 % sur la différence. Avant d'opter pour un acompte réduit, l'entreprise doit s'assurer que son estimation de résultat 2026 est suffisamment fiable pour limiter ce risque. Un conseil avant chaque échéance permet d'affiner la décision.
Crédits d'impôt : un levier à ne pas négliger
Les crédits d'impôt auxquels l'entreprise est éligible viennent en déduction de l'IS théorique servant de base au calcul des acomptes. Le crédit d'impôt recherche (CIR) notamment peut représenter une réduction substantielle du montant des acomptes, surtout pour les entreprises qui investissent en R&D. Le remboursement du CIR en cas de délocalisation et l'obligation de restitution sur 3 ans prévue par le PLF 2026 constituent un point de vigilance complémentaire à surveiller en parallèle.
- CIR (Crédit d'Impôt Recherche) : déduit de l'IS dû — réduit directement les acomptes ;
- Crédit d'impôt formation des dirigeants : déductible dans les mêmes conditions ;
- CICE reporté : pour les entreprises qui en disposent encore, réductible de l'IS ;
- Autres crédits sectoriels : à identifier avec l'expert-comptable avant mars 2026.
Télépaiement obligatoire
Les acomptes d'IS doivent obligatoirement être réglés par télépaiement via l'espace professionnel du site impots.gouv.fr ou par prélèvement SEPA. Le paiement par chèque ou virement bancaire classique n'est plus accepté. Cette obligation s'inscrit dans le mouvement de dématérialisation fiscale qui touche également la facturation électronique et les nouvelles précisions de la CNCC sur son application.
Barry Louison Audit accompagne les dirigeants dans l'optimisation du calcul de leurs acomptes IS, l'évaluation de l'option acompte moindre et la prise en compte des crédits d'impôt disponibles. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École — 06 20 19 39 91 — jennyferlouison@blaec.fr
Questions fréquentes sur les acomptes IS 2026
Non. Ce régime dérogatoire a été introduit par la loi de finances rectificative pour 2020, puis reconduit tacitement chaque année. Le BOFiP du 20 janvier 2026 confirme son maintien pour les acomptes 2026, dans l'attente de la promulgation d'une loi de finances 2026. Sa pérennité dépend de l'absence de disposition contraire dans la loi de finances à venir.
Non. Le régime spécial impose le calcul sur la base du résultat fiscal N-1. En revanche, si l'entreprise anticipe un résultat 2026 inférieur à 2025, elle peut opter pour un acompte provisionnel réduit — mais une sous-estimation de plus de 10 % par rapport au solde final entraîne une majoration de 5 % sur la différence.
Le solde à régler en mai 2027 sera plus élevé, correspondant à la différence entre l'IS réellement dû sur 2026 et les 4 acomptes versés sur la base de 2025. Aucune majoration n'est appliquée dans ce cas, puisque les règles de calcul des acomptes ont été respectées.
Pas nécessairement. Le 4e acompte est ajusté pour que le total des 4 acomptes atteigne 95 % de l'IS théorique. Si les 3 premiers représentent déjà 75 %, le 4e sera de 20 %. Pour les grandes entreprises, une règle de relèvement à 95 % peut s'appliquer dès le 3e acompte.
Pour les entreprises à exercice décalé, le premier acompte est dû le 15 du 3e mois suivant la clôture de l'exercice précédent. Pour un exercice clos le 30 juin 2025, les acomptes sont dus les 15 septembre 2025, 15 décembre 2025, 15 mars 2026 et 15 juin 2026. La base de calcul reste le résultat fiscal de l'exercice clos en dernier.
Oui. Les crédits d'impôt — CIR, crédit d'impôt formation des dirigeants, CICE reporté, etc. — viennent en déduction de l'IS théorique sur lequel les acomptes sont calculés. Cette déduction réduit mécaniquement le montant de chaque acompte. La vérification de tous les crédits disponibles avant mars 2026 est un levier d'optimisation de trésorerie à ne pas négliger.
- PLF 2026 : feuille de route du gouvernement en attendant la reprise des débats
- CIR et délocalisation : l'obligation de restitution sur 3 ans dans le PLF 2026
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Prendre contact avec le cabinetSources :
BOFiP – BOI-IS-IMP-10-20 – Calcul des acomptes d'IS (actualité du 20/01/2026)
Légifrance – Article 1663 quater du CGI (régime spécial de calcul des acomptes)
Barry Louison Audit – PLF 2026 : feuille de route du gouvernement
Barry Louison Audit – CIR et délocalisation : obligation de restitution sur 3 ans