Le Sénat adopte (à l'unanimité) la proposition de loi en faveur des parents d'enfants gravement malades
Le Sénat a adopté à l'unanimité, le 4 mars 2026, la proposition de loi visant à simplifier la vie quotidienne des parents d'enfants gravement malades. Prolongation de l'AJPP à 370 jours, congé fractionnable en demi-journées, protection contre le licenciement étendue à 6 mois après le congé : un texte transpartisan dont la promulgation est attendue d'ici fin mars 2026.
Vote unanime au Sénat
Après adoption unanime à l'Assemblée nationale le 3 décembre 2024
Cette proposition de loi transpartisane, portée initialement par la députée Annie Vidal (Renaissance) et cosignée par des élus de tous groupes, a recueilli un consensus complet : Renaissance, LR, PS, RN, Écologistes, LIOT... C'est la deuxième loi sociale adoptée à l'unanimité par les deux chambres en peu de temps — après la loi de restauration des seuils de franchise de TVA également adoptée à l'unanimité par le Sénat.
- 3 décembre 2024Adoption à l'unanimité par l'Assemblée nationale en première lecture.
- Janvier – février 2026Examen en commission et en séance publique au Sénat.
- 4 mars 2026Adoption à l'unanimité par le Sénat, sans modification substantielle.
- Mars – avril 2026Promulgation attendue. Publication au JO. Entrée en vigueur le lendemain.
Les 5 mesures principales du texte
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1Prolongation de l'AJPP à 370 jours
L'Allocation Journalière de Présence Parentale passe de 310 jours à 370 jours maximum par enfant. La condition de « rechute » ou « nouvelle affection » pour le renouvellement est supprimée : un simple certificat médical attestant la poursuite des soins contraignants suffit désormais.
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2Congé de présence parentale fractionné
Possibilité de prendre le congé par journées ou demi-journées. Le droit au congé est maintenu même si l'enfant est hospitalisé à domicile ou en soins palliatifs.
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3Temps partiel thérapeutique clarifié
Les parents en temps partiel thérapeutique peuvent désormais cumuler l'AJPP sur les jours non travaillés sans perte de droits. Une clarification attendue par de nombreuses familles.
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4Information et guichet unique
Obligation pour les hôpitaux et ARS de remettre un dossier d'information complet (démarches MDPH, AJPP, congé, aides locales). Création d'un guichet unique numérique, prévu par la LFSS 2026, pour centraliser les demandes.
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5Protection renforcée contre le licenciement
Nullité du licenciement prononcé pendant le congé de présence parentale ou dans les 6 mois suivant son terme — sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour motif étranger à la situation.
AJPP : ce qui change concrètement
| Critère | Avant | Après (loi 2026) |
|---|---|---|
| Durée maximale | 310 jours | 370 jours |
| Renouvellement | Condition de rechute ou nouvelle affection | Certificat médical de poursuite des soins |
| Fractionnement | Périodes minimales parfois requises | Journées ou demi-journées possibles |
| Cumul temps partiel | Règles floues | Cumul AJPP sur jours non travaillés clarifié |
| Protection licenciement | Pendant le congé uniquement | Pendant + 6 mois après le congé |
Cette revalorisation de la protection parentale s'articule avec le renforcement global des droits des salariés fragilisés par la maladie. Le plafond de la sécurité sociale 2026 (PMSS, PASS, PJSS) sert de base au calcul du montant de l'AJPP, qui varie selon les revenus du parent. La double déclaration de maladie professionnelle en établissement CPAM illustre par ailleurs la complexité des procédures administratives que la loi cherche précisément à simplifier.
Impact pour les familles et les employeurs
Le gain de 60 jours supplémentaires d'AJPP représente environ 4 500 € à taux plein (62,74 €/jour en 2026). Au-delà de l'aspect financier, la réduction des démarches administratives et la flexibilité accrue changeront concrètement le quotidien des parents accompagnant un enfant gravement malade.
Ce que les employeurs doivent anticiper
- Mettre à jour les procédures RH : les règles de fractionnement du congé sont modifiées
- Respecter la nullité élargie : toute rupture de contrat dans les 6 mois suivant le congé est présumée nulle sauf faute grave
- Former les managers sur les nouvelles protections pour éviter des contentieux coûteux
- Informer les salariés concernés des nouvelles règles dès la promulgation
La nullité du licenciement pendant et après le congé de présence parentale renforce une tendance jurisprudentielle déjà bien ancrée. Les employeurs connaissent le risque : le licenciement pour désorganisation de l'entreprise refusé par les juges montre que la maladie du salarié ne peut pas justifier une rupture. L'inaptitude constatée en visite de reprise est le seul canal légal de sortie d'un salarié dont l'état de santé est incompatible avec la poursuite du contrat.
La protection post-congé de 6 mois est directement inspirée du régime du congé de maternité. Le retour de congé maternité sur un poste amoindri, assimilé à une discrimination, donne la mesure de la vigilance attendue des employeurs sur ces sujets. Le barème Macron et la nullité du licenciement rappellent enfin que hors cas de nullité, le barème plafonne les indemnités — mais la nullité, elle, échappe au barème et expose à la réintégration forcée.
Point de vigilance pour les DRH : la limitation des arrêts maladie à 1 mois rétablie dans le PLFSS 2026 crée une articulation délicate avec le congé de présence parentale. Un parent qui alterne soins à l'enfant et propre arrêt maladie doit être suivi avec attention pour que les droits respectifs ne se cumulent pas dans des conditions non conformes. La revalorisation de la fraction insaisissable des rémunérations au 1er avril 2026 s'applique également sur les revenus de remplacement incluant l'AJPP — un élément à intégrer dans les bulletins de paie des mois concernés.
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Questions fréquentes sur la loi AJPP 2026
Oui. Les parents déjà bénéficiaires de l'AJPP au moment de l'entrée en vigueur pourront prolonger leur allocation jusqu'à 370 jours sous réserve de présenter un certificat médical attestant la poursuite des soins contraignants.
Oui. Une fois la loi promulguée, le fractionnement en journées ou demi-journées devient un droit. L'employeur ne peut pas imposer de périodes minimales plus longues, sauf accord collectif plus favorable au salarié.
Oui. La nullité du licenciement (ou de la rupture anticipée de CDD) s'applique pendant le congé de présence parentale et dans les 6 mois suivants, quel que soit le type de contrat. Seuls la faute grave ou l'impossibilité de maintenir le contrat pour motif étranger peuvent justifier une rupture.
L'Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) est versée par la CAF au parent salarié qui réduit ou suspend son activité professionnelle pour accompagner un enfant de moins de 20 ans atteint d'une maladie, d'un handicap ou victime d'un accident grave nécessitant des soins contraignants.
Oui. La loi précise expressément que le droit au congé de présence parentale est maintenu lorsque l'enfant est hospitalisé à domicile ou en soins palliatifs. Cette clarification met fin à des interprétations restrictives antérieures.
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