FNAF 2025 : l'Ordre des experts-comptables réaffirme son rôle central auprès du secteur associatif et de l'ESS | Barry Louison Audit

FNAF 2025 : l'Ordre des experts-comptables réaffirme son rôle central auprès du secteur associatif et de l'ESS

FNAF 2025 - Ordre des experts-comptables secteur associatif et ESS

Le Forum national des associations et fondations (FNAF), tenu le 13 novembre 2025 au Palais des Congrès de Paris, a confirmé la place stratégique de l'Ordre des experts-comptables auprès du secteur associatif. Cette 19e édition, placée sous le thème « Ensemble, face aux défis de notre société », a mis en lumière les enjeux de résilience financière et les nouvelles obligations comptables et fiscales qui s'imposent aux associations à partir de 2026. Avec 1,5 million d'associations représentant 3,5 % du PIB français, le secteur traverse une période de mutations qui rend l'accompagnement professionnel plus déterminant que jamais.

Le secteur associatif et l'ESS en chiffres

1,5 M
Associations en France
3,5 %
Part du PIB français
1,8 M
Emplois directs
9,1 %
Des emplois salariés du secteur privé
10 %
Du PIB représenté par l'ESS
2,4 M
Emplois dans l'ESS au total

Ces données, issues du Conseil général de l'économie, montrent que l'économie sociale et solidaire constitue un pilier économique à part entière, loin d'une simple sphère de bénévolat. Pourtant, ce secteur traverse en 2025 une tension inédite : la baisse des subventions publiques, estimée à 5 % sur l'année, combinée à des exigences réglementaires croissantes, fragilise des milliers de structures. Les conséquences de ce contexte se lisent également dans le baromètre Grant Thornton 2025 sur la confiance des dirigeants de PME et ETI : la dégradation de la confiance touche aussi bien les entreprises commerciales que les structures de l'ESS.

Les conférences animées par l'Ordre au FNAF 2025

Le Comité secteur non marchand et ESS de l'Ordre, présidé par Chakib Hafiani, a animé deux sessions lors de cette édition 2025.

Prévention des difficultés financières des associations (11h00–12h30)

Cette conférence a abordé les outils de détection précoce des difficultés financières : indicateurs d'alerte sur la trésorerie, tableaux de bord adaptés aux spécificités associatives, et procédures de sauvegarde disponibles pour les structures en difficulté. La prévention s'appuie sur des outils de comptabilité analytique que les associations de plus de 153 000 € de ressources doivent désormais tenir. Les enjeux de gouvernance documentés lors du webinaire de la CRCC de Paris sur la gouvernance des associations en janvier 2026 prolongent ces réflexions.

La nouvelle donne comptable pour les associations (14h00–15h30)

Animée par Rudy Jardot, président du groupe de travail Associations et fondations du CNOEC, cette session a détaillé les évolutions réglementaires qui redessinent la comptabilité associative : facturation électronique obligatoire dès janvier 2026 pour les associations assujetties à la TVA, comptabilité analytique renforcée, et nouvelles obligations de publication des comptes. La réforme de la facturation électronique et les précisions de la CNCC sur son application sont directement applicables aux associations assujetties.

À retenir

Selon l'enquête Recherche et Solidarités 2025, 79 % des associations recherchent un expert-comptable pour les accompagner dans leur mise en conformité réglementaire. Cette proportion, en hausse par rapport aux années précédentes, reflète la complexité croissante des obligations qui pèsent sur le secteur.

Un partenariat historique avec le monde associatif

L'Ordre des experts-comptables est partenaire officiel du FNAF depuis plus d'une décennie. Cette présence se traduit par des actions concrètes : consultations gratuites sur stand dédié, formations pratiques et publications spécialisées diffusées via la Revue Française de Comptabilité.

En 2024, plus de 40 rendez-vous ont été animés par des spécialistes couvrant fiscalité, mécénat et gouvernance. Cette mobilisation reflète un engagement institutionnel : former les 21 000 cabinets à développer des missions dans le secteur non marchand, en leur fournissant les outils et la formation nécessaires. Le Comité Associations de l'Ordre francilien, présidé par Karim Bangoura, a lancé en janvier 2025 une enquête auprès de 200 000 associations d'Île-de-France dont les résultats, attendus en mars, permettront d'adapter les programmes de formation.

La dimension institutionnelle de cet engagement prend un relief particulier dans le contexte de renforcement des obligations de transparence financière, qui touche également les associations au travers de la comptabilisation des avoirs des majeurs protégés dans les associations tutélaires, selon les recommandations de l'ANC.

Nouvelles obligations : ce qui change pour les associations en 2026

Obligation Seuil ou condition Échéance
Facturation électronique obligatoire Associations assujetties à la TVA Janvier 2026
Comptabilité analytique Ressources annuelles > 153 000 € En vigueur (décret 2024)
Solidarité financière inter-associations Prêts internes au sein d'un réseau Décret du 7 août 2025
Publication des comptes Subventions publiques > 153 000 € En vigueur

Le décret du 7 août 2025 sur la solidarité financière entre associations encadre désormais les prêts internes au sein d'un réseau ou d'une fédération. Il permet une mutualisation des ressources tout en fixant des règles pour protéger les structures prêteuses. Cette évolution ouvre des possibilités pour les réseaux structurés qui souhaitent soutenir leurs membres locaux en difficulté sans recourir à des établissements de crédit externes.

Point de vigilance : L'obligation de facturation électronique concerne uniquement les associations assujetties à la TVA. Avant tout investissement dans une plateforme, il faut vérifier le statut TVA de la structure. Par ailleurs, la taxe d'apprentissage et son assujettissement aux associations et organismes à but non lucratif au 1er mars 2026 constitue un point connexe à examiner simultanément.

Les missions des experts-comptables auprès des associations

Face aux défis actuels — subventions en baisse, normes renforcées, exigences de transparence accrues —, les experts-comptables se positionnent sur plusieurs missions complémentaires.

Pilotage budgétaire et prévention des difficultés

La mise en place d'outils de suivi budgétaire adapté aux structures associatives permet d'anticiper les tensions de trésorerie avant qu'elles ne deviennent critiques. L'expert-comptable construit des tableaux de bord avec des indicateurs pertinents pour le secteur non marchand : taux de couverture des charges par les recettes propres, délai de paiement des fournisseurs, ratio de dépendance aux subventions. Ces outils rejoignent les préoccupations liées au plafond de la sécurité sociale 2026 et ses impacts sur les cotisations, qui affectent également les associations employeuses.

Diversification des financements

L'accompagnement dans le développement du mécénat, du crowdfunding et des partenariats avec des entreprises constitue un axe de développement prioritaire. La structuration fiscale du mécénat suppose une maîtrise des règles applicables — notamment les conditions d'éligibilité à la réduction d'impôt pour les donateurs — que l'expert-comptable apporte avec précision.

Conformité réglementaire et comptabilité analytique

La mise en œuvre de la comptabilité analytique pour les structures dépassant 153 000 € de ressources requiert une organisation documentaire spécifique. L'expert-comptable accompagne le déploiement de cette comptabilité par projet ou activité, en articulation avec les obligations de publication des comptes pour les structures bénéficiant de financements publics significatifs. Ces obligations rejoignent les questions de transparence comptable traitées dans l'article sur la confidentialité des comptes annuels et les précisions de la CNCC pour les micro-sociétés têtes de groupe.

Mécénat et durabilité : les leviers de développement

France Générosités, co-animateur du FNAF, a mis en avant le mécénat comme levier stratégique pour diversifier les ressources associatives. Lors des échanges, Yannick Ollivier (vice-président du CNOEC) et Philippe Pailliart (président de France Générosités) ont insisté sur l'importance de croiser générosité et rigueur comptable pour construire une ESS crédible auprès de ses financeurs.

L'Ordre a publié à cette occasion un guide de sécurisation du mécénat à destination des cabinets et des associations, détaillant les obligations fiscales des donateurs et des bénéficiaires, les bonnes pratiques de structuration des partenariats, et les points de vigilance en cas de contrôle. Ce guide s'inscrit dans la dynamique de renforcement des obligations de transparence portée notamment par la directive CSRD 2025 et le débat sur le devoir de vigilance, qui dessinent une attente croissante de reporting extra-financier dans toutes les organisations.

La question de la durabilité et de la certification des engagements ESS s'articule par ailleurs avec les travaux de la H2A sur la certification, dont la mise à jour des lignes directrices pour la certification version 2026 fournit un cadre de référence pour les associations souhaitant valoriser leurs pratiques responsables auprès de leurs partenaires.

Barry Louison Audit accompagne les associations et les structures de l'ESS dans leur mise en conformité comptable, réglementaire et fiscale. Retrouvez le cabinet au 44 bis rue Gabriel Péri, 78210 Saint-Cyr-l'École06 20 19 39 91jennyferlouison@blaec.fr

Questions fréquentes sur les obligations des associations en 2026

Toutes les associations sont-elles concernées par la facturation électronique obligatoire à partir de janvier 2026 ?

Non. Seules les associations assujetties à la TVA sont concernées par l'obligation de facturation électronique à compter de janvier 2026. Les associations non assujetties — qui constituent la grande majorité des structures loi 1901 — ne sont pas impactées par cette mesure. Les associations assujetties doivent toutefois anticiper la migration vers une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) agréée.

À partir de quel seuil une association doit-elle tenir une comptabilité analytique ?

Le décret de 2024 impose une comptabilité analytique aux associations dont les ressources annuelles dépassent 153 000 €. Cette obligation vise à améliorer la transparence financière par projet ou activité, notamment pour les structures bénéficiant de financements publics ou privés multiples. Au-delà de ce seuil, la comptabilité analytique permet aussi de mieux répondre aux exigences des financeurs et aux obligations de publication des comptes.

Qu'est-ce que le décret du 7 août 2025 sur la solidarité financière entre associations ?

Ce décret encadre les prêts financiers entre associations appartenant à un même réseau ou fédération. Il permet une mutualisation des ressources tout en fixant des règles pour protéger les structures prêteuses et éviter les dérives. Cette possibilité de solidarité financière structurée est particulièrement utile pour les réseaux associatifs comprenant des entités locales aux situations financières hétérogènes.

Une association bénéficiant de subventions publiques doit-elle publier ses comptes ?

Oui. Les associations recevant des subventions publiques supérieures à 153 000 € ont l'obligation de publier leurs comptes annuels. Cette publicité s'effectue via le greffe des associations ou, pour les plus grandes structures, par dépôt auprès de la préfecture. La tenue d'une comptabilité analytique accompagne souvent cette obligation pour justifier l'affectation des financements reçus.

Comment un cabinet d'expertise comptable peut-il développer son activité dans le secteur associatif ?

Le secteur non marchand représente un potentiel de développement significatif pour les cabinets, avec des missions comparables en complexité aux missions entreprises classiques. L'Ordre des experts-comptables propose des formations dédiées via le Comité secteur non marchand et ESS, des outils pratiques et des guides publiés par la Revue Française de Comptabilité. Le FNAF est également un lieu de mise en relation directe avec les responsables associatifs.

Quelle est la place de l'ESS dans l'économie française selon les données 2025 ?

L'économie sociale et solidaire représente environ 10 % du PIB français et 2,4 millions d'emplois selon le Conseil général de l'économie. Le seul secteur associatif compte 1,5 million d'associations, représente 3,5 % du PIB et 1,8 million d'emplois directs, soit 9,1 % des emplois salariés du secteur privé. Ces chiffres placent le secteur comme un acteur économique de premier plan, confronté en 2025 à une baisse des subventions publiques estimée à 5 %.

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